Actu Démocratie participative

Pour clore cette année bien remplie, poursuivre les échanges autour de questions professionnelles, imaginer la suite, et tout simplement se retrouver pour un bon moment avant les congés d'été, Doc@Brest organise son traditionnel repas estival le jeudi 4 juillet à partir de 18h30, à La Coloc' (95 Quai Eric Tabarly, à Brest) !

Afin d'être au plus juste dans la réservation, merci de vous inscrire via ce lien.

Au plaisir de se retrouver le 4 juillet !

Voir en ligne : https://docabrest.wordpress.com/201...

Osez l'aventure de venir vous former à la démarche expérimentale et à la pédagogie active !

Rejoignez notre mouvement d'éducation populaire depuis plus de 25 ans et venez contribuer à ce que les sciences deviennent enfin l'affaire de tous !
Venez compléter une équipe d'animateur.trice dynamique et assurer des animations sur le territoire de l'Ille-et-Vilaine.

Aiguisez votre esprit critique, votre approche pédagogique et apprenez à permettre aux enfants d'être acteurs de leur apprentissage, à travers la réalisation d'expériences scientifiques simples, ludiques et pertinentes.

Cette formation s'adresse aux personnes souhaitant acquérir des compétences pédagogiques pour intervenir dans différentes structures telles que les écoles, les centres de loisirs, les bibliothèques, les festivals, les animations de rues et autres évènements de vulgarisation scientifique. Elle est également destinée aux personnes souhaitant faire vivre les projets d'animation scientifique au sein de leur structure.

Dates 2019, 2e session en Octobre

du lundi 21 au vendredi 25 octobre de 9h30 à 18h

Déroulement de la formation

Animation scientifique et technique

Lieu

Local de l'association, au Centre Alain Savary, 187 rue de Châtillon 35200 RENNES

Tarifs

1000 €

Tarifs réduits :

150 € pour les personnes en activité non prises en charge par le CPF ou OPCA

60 € pour les personnes sans emploi, étudiant.e.s et retraité.e.s.

+15 € d'adhésion à l'association (5 € pour étudiant.es et demandeur.euse.s d'emploi)

Conditions particulières

Avant de commencer, n'hésitez pas à venir nous rencontrer au local de l'association.

Profitez de ce temps pour prendre toutes les informations nécessaires sur le parcours de formation proposé.

Un stage de minimum 6h est à prévoir par la suite au sein de l'association (accompagnement d'animateur.rice, co-animation,…)

Un attestation de formation est délivrée en fin de formation (après les 5 jours)

à partir de 17 ans et bonne humeur obligatoire

Pour s'inscrire !

c'est en ligne !

“Avec Les Petits Débrouillards, vous aidez les enfants à s'approprier un peu de la science et de la technique. C'est pour eux une démarche capitale pour participer à la construction du monde dans lequel ils vivront”. Albert JACQUART

Chaque année, dans le Grand Ouest, ce sont près de 150 animateurs qui vont dans les écoles, interviennent dans la rue, dans les fêtes de quartier, dans les musées, dans les festivals,… pour permettre à un maximum de citoyens d'avoir accès à la culture scientifique et technique.

Pourquoi pas vous ?=+

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Voir en ligne : https://www.lespetitsdebrouillardsg...

Comme chaque année, tou.te.s les sympathisant.e.s et adhérent.e.s des petits débrouillards Grand Ouest sont invité.e.s pour la journée de l'Assemblée générale !

En 2019, cette journée a lieu le samedi 6 juillet à Rennes, au 187, rue de Châtillon, entre 11h30 et 18h.

Pour vous inscrire, c'est par ici : https://frama.link/Rennes2019

Au programme :

11h • Accueil

12h30 • Pique-nique « auberge espagnole »

14h • Débat « Éducation aux médias : et les sciences dans tout ça ? » avec :

  • Mehdi Derfoufi, enseignant-chercheur en études cinématographiques, Université Sorbonne-Nouvelle,
  • Gull et Viciss, fondateur et fondatrice du site hacking-social.com,
  • Agathe Petit, rédactrice en cheffe du Labo des savoirs,
  • Xavier Milliner, coordinateur de la Corlab,
  • David Puzos, doctorant en géographie de l'éducation, UMR Espaces et Sociétés, Rennes.

16h • Assemblée générale statutaire – Téléchargez l'ordre du jour et le pouvoir en PDF

18h • Pot associatif

Inscription à la journée et vote électronique avant le 4/07 au soir ici : https://frama.link/Rennes2019

Assemblée générale 2019

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Ramène ta science,
pas ta fraise.

VOICI LE PROGRAMME ESTIVAL
DES PETITS DÉBROUILLARDS
DANS LES QUARTIERS, À LA PLAGE…

Animations gratuites et ouvertes à tou·te·s !

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Sciences à la plage
Entre deux baignades, observez, manipulez et enrichissez vos connaissances sur le littoral finistérien, la pêche à pied et la pollution marine.
Plage de Sainte-Anne du Portzic, le 22 juillet (14 h • 17 h)
Plage du Moulin Blanc (Spadium), le 23 juillet (14 h • 17 h)
Plage de Porz Gwenn, le 24 juillet (14 h • 17 h)

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Vendredis du sport
Partagez, découvrez, observez, enquêtez, toujours les pieds dans le sable.
Plage du Moulin Blanc, les 12, 19, 26 juillet et le 23 août (10 h • 17 h)

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Sciences en bas de chez toi
Jouez au scientifique et réalisez vos propres expériences dans votre quartier.
Pontanézen, du 1er au 5 juillet (16 h • 19 h)
Kérourien, du 8 au 12 juillet (14 h • 17 h)
Bellevue, les 19 et 20 août (14 h • 17 h)
Lambézellec, du 26 au 30 août (14 h 30 • 17 h 30)

La science
c'est comme tout,
il faut essayer.

L'ÉTÉ, C'EST AUSSI MINI-STAGE
CHEZ LES PETITS DÉBROUILLARDS !


Au local des Petits Débrouillards
2, rue Paul Dukas • 29200 Brest
Keredern, en face du PIMMS

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« Sciences en vadrouille : fusée et propulsion »
Curieux·ses de 6 à 9 ans, venez expérimenter différentes formes d'énergie et fabriquer toutes sortes de fusées : à eau, chimique, à claque… Laquelle ira le plus haut ?
Les 9, 10 et 11 juillet (9 h 30 • 12 h 30)
Pour plus d'infos, contactez Coline Rannou-Colliot au 06 04 77 41 46 ou c.rannou[a]lespetitsdebrouillards.org.

« Je programme mon premier jeu vidéo »
Bidouilleur·se·s de 9 à 12 ans, initiez-vous à Scratch et créez votre jeu vidéo avec votre personnage personnalisé.
Les 9, 10 et 11 juillet (14 h • 17 h)
Pour plus d'infos, contactez Marie Trébaol au 06 04 94 84 79 ou m.trebaol[a]debrouillonet.org.

« Astronomie : la tête dans les étoiles »
Explorateur·ice·s de 9 à 12 ans, venez découvrir les secrets de l'univers à travers des expériences simples et amusantes : étoile, planète, galaxie, satellite, éclipse… Vous saurez tout !
Les 27, 28 et 29 août (14 h • 17 h)
Pour plus d'infos, contactez Coline Rannou-Colliot au 06 04 77 41 46 ou c.rannou[a]lespetitsdebrouillards.org.

« Initiation à la robotique et à la fabrication numérique »
Pour les bricoleur·se·s en herbe de 6 à 9 ans, découverte des robots Thymio, du Makey Makey et création d'un objet déco.
Les 27, 28 et 29 août (14 h • 17 h)
Pour plus d'infos, contactez Marie Trébaol au 06 04 94 84 79 ou m.trebaol[a]debrouillonet.org.

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Tarifs et inscriptions

Les inscriptions aux mini-stages se font dès maintenant et jusqu'à une semaine avant le premier jour de mini-stage. Tous les mini-stages se font au local de l'antenne de Brest, dans le quartier de Keredern (2, rue Paul Dukas 29200 Brest).
NB : Le nombre de places par mini-stage est limité à 12 et l'association se réserve le droit d'annuler le mini-stage s'il y a moins de 8 inscrits. Merci beaucoup pour votre compréhension.

Tarif : 45 € + adhésion * aux Petits Débrouillards (15 € ou 5 € en tarif réduit **)
* L'adhésion est valable pour toute l'année civile.
** Pour les étudiant·e·s et personnes en recherche d'emploi.

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Voir en ligne : https://www.lespetitsdebrouillardsg...

J'ai eu le plaisir la semaine dernière d'assister à la conférence de Pascal Roulois à l'UBO dans le cadre du cycle de conférences organisées par le SIAME.

Il nous a fait une présentation sur les méthodes pour apprendre à apprendre. J'ai pris quelques notes pour moi sur petit format que je vous partage ici :

Apprendre c'est faire des liens entre l'environnement et ce que nous avons emmagasiné dans notre mémoire à long terme. Les liens se font dans la mémoire de travail.


Quelques éléments sur le contexte favorable d'apprentissage et sur des méthodes possibles à utiliser.

Dimanche 16 juin avait lieu à Plabennec le dernier dimanche du Printemps des Abers 2019. Pour l'occasion, les deux compagnies invitées ont vu grand : la Hop Hop Compagnie est partie à l'assaut du château d'eau de la commune, et La Famille Goldini a installé son impressionnant décor d'objets récupérés sur la place du Champ de Foire.

Le public avait rendez-vous un peu plus tôt qu'à l'accoutumé, puisque les festivités ont commencé dès 11h33 avec la première de Swimming Pool, une pièce de théâtre burlesque pour château d'eau.

Cette nouvelle création de la Hop Hop Compagnie était présentée pour la toute première fois ce dimanche, suite à la semaine de résidence de la compagnie à Plabennec avec le soutien du Fourneau.

Les comédiens-nageurs ont attendu l'horaire précis de 11h33 pour faire asseoir le public, venu nombreux les soutenir dans leur entreprise du jour : prendre d'assaut le château d'eau !

Pour l'occasion, Le Fourneau avait sollicité Ligne 21 et le Teatr Piba pour installer une partie du public sur des transats, plus confortables pour lever le nez et admirer la partie aérienne du spectacle !

Après un échauffement synchronisé en règles, les nageurs se présentent un à un : Verte, Bleu, Gold, Blue, Rouge, Violette, Orange... une équipe qui vise les JO 2020 !
Le dernier membre de cette joyeuse troupe, Green, fait une entrée remarquée pour nous présenter le grappin, l'outil indispensable pour les aider à gravir le château d'eau !

Après plusieurs tentatives vaines, le grappin prend son envol, et nos artistes peuvent entamer leur ascension, en quête d'eau : vont-ils parvenir au sommet ?

Les spectateurs ne sont pas en reste, puisque huit d'entre eux sont enrôlés pour hisser Violette et Blue.

Mais nos athlètes ne sont pas au bout de leur surprise. Le château d'eau semble lui aussi connaître la pénurie... Résolue à s'entraîner et gagner les JO, l'équipe de natation synchronisée va inventer une discipline nouvelle et révolutionnaire !

Toute l'équipe de la Hop Hop Compagnie a célébré cette première sous les applaudissements de son premier public !

Découvrez le spectacle à travers les yeux de Jacques, et ceux de Bernard.

Après un temps de convivialité qui a permis à tout le monde de se restaurer, la journée s'est poursuivie avec le dernier spectacle de cette saison du Printemps des Abers : Les Robinsonnades du Roi Midas, de La Famille Goldini, que la compagnie était venue travailler au Fourneau en 2017.

À partir de 15h15, le centre-bourg de Plabennec a donc résonné des tirades et des chansons de ces artistes, à la fois musiciens et acrobates.

Abordant les causes de la crise écologique, cette comédie musicale a ému plus d'un spectateur.

Le décor monumental, essentiellement composé d'éléments en plastique, a également permis de véritables moments de grâce.

Le Printemps des Abers 2019 s'est achevé sous un tonnerre d'applaudissements !

Découvrez ce dernier spectacle à travers les yeux de Jacques, et retrouvez les reportages sur la résidence de La Famille Goldini au Fourneau en juin 2017.


Bonjour Samuel est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Je travaille aux Champs Libres à Rennes, c'est une structure culturelle qui réunit un centre de sciences avec un planétarium, le musée de Bretagne et une bibliothèque de plusieurs étages. Je suis chargé de divers projets participatifs dont les RDV4C que je coordonne avec 2 autres collègues, Angélique Robert et Manuel Moreau. Les RDV4C, dont les "C" signifient collaboration, connaissance, citoyenneté, créativité, sont des rendez-vous coopératifs où les participants se retrouvent autour d'un intérêt commun pour apprendre et "faire" ensemble en s'organisant de façon autonome.

Par ailleurs suis un des co-fondateur de Museomix, une communauté ouverte qui organise des marathon créatifs de 3 jours dans les musées du monde entier où les participants jouent avec les collections et les expositions pour fabriquer des dispositifs interactifs qui sont testés par les publics.

A Rennes, je suis également membre du conseil collégial de l'Hôtel Pasteur à Rennes, c'est un "hôtel à projets" portés par les habitants et qui y sont accueillis en résidences de travail artistique, social ou éducatif.

Au final ce qui me motive et que je cherche à faire, c'est ouvrir des espaces où on peut trouver sa place, se sentir un peu plus libre d'être soi et en capacité de faire quelque chose avec les autres. Ce que je travaille, ce sont des façons de voir et des façons de faire qui permettent d'y arriver, qui facilitent l'engagement et la coopération. Vu la les modèles contraires qu'on nous donne tout au long de la vie, ça n'a rien de spontané. J'ai un pied dans l'institution, en particulier les musées et les bibliothèques, et en dehors dans diverses communautés de pratiques... ça permet de me nourrir et de faire des allers-retours.


Si tu avais quelques mots clés pour te présenter sur le volet coopération quels seraient-ils ?

Hospitalité, convivialité, communs, community building

J'apprécie la notion d'hospitalité, au coeur du projet de l'Hôtel Pasteur. Elle induit une relation à l'autre, où l'hôte est à la fois celui qui accueille et celui qui est accueilli. Une relation d'inclusion sans surplomb, où chacun de l'attention et de l'opportunité nécessaire pour trouver et prendre sa place.

A partir de là peut naître la confiance pour faire ensemble. Je fais référence au convivialisme, c'est une notion que je trouve intéressante qui parle du lien entre des individus qui font collectif et génère des communs, des biens communs. J'entends cela comme quelque chose dont les membres d'une communauté ont le souci de prendre soin.

Une fois que l'on a dit qu'on veut faire ça, comment le fait-on ? Je m'inspire, entre autres, des principes du community building ou de ceux que l'on retrouve dans certaines communautés contributives numériques, pour essayer de faire cela au mieux. Cette posture de facilitation ne se réduit pas à des méthodes d'animation d'ateliers ponctuels, cela va plus loin dans le temps et dans le propos politique, cela permet de fédérer des groupes, d'engager des actions collectives "pour et par soi-même" et par ce biais, des formes d'émancipations.

Ce sont des notions intéressantes à mettre en regard avec ce qui se passe, ou ne se passent pas, dans les organisations de services publics.

Qu'est-ce qui a fait dans ton histoire personnelle ou professionnelle que tu t'es impliqué dans la coopération ?

Disons que j'ai eu un parcours scolaire dans des établissements traditionnels qui ne m'a pas convenu, où j'ai ressenti fortement le poids de l'autorité, du conformisme, la sélection et où je ne me suis pas épanoui avec le plaisir d'apprendre.

Dans ces établissements, je suis resté assez isolé finalement. Bref, toutes cette période a été assez compliquée pour moi.

Après des années de cours d'anglais à répéter les verbes irréguliers, j'étais assez mauvais, comme beaucoup en France. C'est quand je suis parti vivre aux Etats-Unis que j'ai découvert le plaisir de répéter la musique de la langue, de s'approcher au plus près de l'accent, de jouer avec les expressions, de s'améliorer dans la capacité à communiquer avec les autres.

C'est aussi aux Etats-Unis, où j'ai repris des études en ethnologie que j'ai retrouvé de l'intérêt pour l'école. Les enseignants avaient une posture très différente en animateurs de cours très vivants avec beaucoup d'échanges.

Mes premiers pas dans le monde du travail n'ont pas été non plus très faciles. J'ai eu du mal à trouver ma place là aussi. J'ai collectionné toutes les conditions d'embauches précaires, d'objecteur de consciences, à emplois-jeunes et ensuite de multiples CDD.

J'ai exercé plusieurs métiers dans des structures très divers. De la radio, la restauration (j'ai même été boulanger, sans aucune qualification !) à l'univers de la banque au musées... des croisements assez improbables.

Avec un burn-out dans un job avec une démission à la clef et plusieurs mois d'arrêt j'ai pu rebondir assez vite. Mais ça été été pour moi l'occasion de réfléchir aux raisons qui font qu'on peut se laisser "broyer" par une organisation. Une situation qui peut être difficile à comprendre ou envers laquelle on peut ne pas avoir d'empathie quand on ne l'a pas vécue. C'est une question qui me préoccupe et qui m'a conduit a considérer le sens et les conditions de travail.

Une fois au muséum de Toulouse, j'ai trouvé un endroit où le fond avait du sens et cela m'importait beaucoup.

Je crois que c'est cette question de la "place de chacun", de la relation complexe entre l'individu et le groupe, entre la personne et la norme et toutes ces formes d'organisations parfois pathogènes qui m'ont intuitivement conduit à faire des études en ethnologie

Je voulais comprendre les enjeux et peut être avoir plus de capacité d'en faire quelque chose.

Durant ces études, je me suis intéressé à la notion de race et son évolution dans le temps dans divers domaines, du biologique, artistiques, juridiques, politiques, économiques... pour essayer de comprendre les logiques systémiques et les relations de pouvoirs qui se jouent.

C'est là aussi où j'ai pris connaissance des principes du community building des années 70 aux Etats-Unis et qui explicite des façons de revendiquer des droits et reprendre du pouvoir pour et par soi-même, quand on est membre d'une communauté minoritaire.

Une fois revenu en France, j'ai eu du mal à trouver du travail parce que je n'avais pas de diplôme français. A ce moment là le web grand public était en pleine "bulle". J'avais appris à créer des sites web et je me suis dis que c'était une porte d'entrée technique vers des domaines difficiles d'accès mais qui m'intéressaient, comme la culture.

C'est comme cela que j'ai trouvé mon premier poste, à la DRAC à Nantes en 98.

Depuis, je suis toujours dans le domaine de la culture et de la fonction publique. Finalement c'est le web qui m'a permis de trouver une place.

J'ai été vite attiré par internet des débuts, par son architecture ouverte, participative, et en réseaux décentralisés, où chacun pouvait facilement "construire" son espace, ouvrir des blogs pour s'exprimer ou participer à des groupes de discussion et avoir une voix dans la conversation globale.

Bien sûr, cette utopie d'origine est dévoyée aujourd'hui par les grandes plateformes privatives.

Aujourd'hui je ne suis plus chargé de projets numériques, depuis 2 ans, mais j'en garde l'esprit et je m'inspire toujours, y compris pour des projets IRL, des principes qui fédèrent les communautés en ligne et celles des hackerpaces

Comme par exemple l'ouverture et le remix, l'action-cratie (rapprocher la capacité de décider de l'action), le faire et l'expérimentation incrémentale, et d'autres principes d'agilités qui libèrent les potentiels de contributions et facilitent l'action autonome et en réseau.

Est-ce que tu peux accorder un ou deux projets coopératifs auxquels tu as participé ?

Muséomix


Un des projets les plus marquants pour moi parce qu'il a eu un grand impact, beaucoup plus que celui anticipé en tout cas, c'est le lancement de Muséomix. C'est évènement collectif où les participants se regroupent par équipes pour créer ensemble quelque chose, ou une expérience de visite, qu'ils ont envie de faire exister dans le musée. Après 3 jours intenses de conception et de fabrication, les équipes testent leurs dispositifs en situation et avec les publics.

Les prototypes de la première édition qui comme tous les suivants sont documentés.

Le format permet de passer au faire et de décloisonner rapidement.

Le Musée des Arts Déco à Paris a été le premier musée à se lancer courageusement, ensuite on a enchaîné à Lyon.

Les premières éditions restes marquantes mais il y en eu beaucoup d'autres. Dès la troisième année, on a décidé d'ouvrir la recette pour que ceux qui voulaient la reprendre ailleurs soient libres de le faire. Il y a eu 6 éditions tout de suite. Je crois que l'on arrive à la neuvième année avec 228 éditions, un peu partout, en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Amérique du Sud et cette année pour la première fois en Afrique. Cela essaime petit à petit dans la logique des communautés ouvertes.

J'ai beaucoup appris de cette expérience, au niveau de la facilitation et aussi sur comment une communauté contributive fonctionne ou pas.

On n'avait pas lancé cela avec l'idée de faire une communauté au départ, on voulait juste s'amuser, et se frotter aussi aux usages du musée.

J'avais proposé à mes amis co-fondateurs, de l'agence Nod-A à Paris, du Muséolabde Lyon, Diane Dubray, Julien Dorra, de nous associer au tout départ, mais sans trop d'idée précise. Je me souviens encore de Marie-Nöéline Viguier (Nod-a) me disant, comme un défi, quelque chose comme "eh bien si tu veux changer les musées, pourquoi tu "refais" pas le musée !". C'est de là que tout est parti.

Notre groupe s'est alors formé avec beaucoup de spontanéité et de simplicité sur ce projet, où nous avions des savoirs-faire très différents mais finalement complémentaires à apporter. J'ai énormément appris de cette expérience collective et des personnes pleines de talents et stimulantes qui y ont participé.

Est-ce qu'entre les premiers Muséomix et ceux aujourd'hui cela a beaucoup changé ?

C'est sûr ! j'ai un peu une nostalgie du premier parce que c'était un peu tout fou, un grand bazar joyeux, et il y a eu des gens incroyables à venir. Après 5 éditions et l'organisation de celui au musée de Bretagne, je n'en ai plus fait, j'avais fait un peu le tour du format "classique" et j'éprouvais une certaine routine. Mais cela reste toujours intéressant pour les nouvelles personnes qui montent à bord, ça peut permettre d'enclencher des changements dans les façons de faire au-delà de l'évènement.


Ici, avec Muséomix Ouest on a maintenant pas mal d'expériences avec plusieurs muséomix à son actif, à Nantes, Rennes, et Saint-Brieuc. Au-delà des événements, nous sommes devenus une communauté très soudée, qui se retrouve souvent et qui participe à plein d'autres choses différentes, parfois organisées par d'autres personnes, comme des workshops. Notre prochain terrain de jeux ce sera celui de l'opéra de Rennes.

Notre envie aujourd'hui, c'est de passer de la médiation pour aller sur de la création, avec des équipes qui vont plus loin, qui ont aussi des propos d'auteurs, qui font de la création.

Et puis sur le format aussi, on veut travailler sur le temps long, sur quelque chose de moins ponctuel, mais plutôt comme un laboratoire vivant où les projets évoluent et s'hybrident où les personnes montent à bord de façon assez libre.

Muséomix nous amène aujourd'hui à être sur des pratiques fréquentes qui créent des habitudes, des réflexes et qui s'inscrivent dans le temps.

Mais on veut aussi préserver l'aspect festif, unique de l'évènement court, qui génère des liens forts entre les personnes qui ont passé un moment intensif ensemble. On en train de réfléchir à comment on peut concilier tout cela.


Les Rendez-vous 4C

Le principe des Rendez-vous 4C c'est d'inviter les personnes qui partagent un intérêt commun à se retrouver aux Champs Libres, et à imaginer ensemble, selon leurs propres termes, un rendez-vous régulier, en utilisant les Champs Libres comme un lieu de ressources diverses pour soutenir cette démarche autonome.

Concrètement cela peut être quelqu'un qui a envie de pratiquer une langue étrangère comme l'anglais, l'espagnol, le breton, le russe ou le chinois. Il y a des groupes initiées par des familles bilingues mais qui n'ont pas l'occasion de pratiquer l'une des langues à la maison et qui se retrouvent pour passer un bon moment ensemble pour parler en allemand ou en espagnol tout simplement, en jouant et en prenant le goûter.

Il y a d'autres rendez-vous, comme le tricot, le yoga, le dessin de BD, la peinture, les outils numériques... pour apprendre ensemble, à partir des pratiques des uns et des autres. La dimension sociale de l'apprentissage est ici importante et c'est ce que les personnes viennent chercher.

Il y a aussi d'autres rendez-vous où les personnes se retrouvent pour partager des questions qui les concernent et où le groupe apporte du soutien ou des idées. Par exemple le Book Club de lectures féministe, ou encore le groupe "dessine moi un retraité" qui se retrouve pour échanger sur les questions liées à ce stade de la vie. Le "Café collapse" pour échanger sur l'écologie et les risques d'effondrement. Il y a aussi "l'atelier de soutient participatif" qui permet à qui le souhaite de partager une difficulté personnelle pour laquelle le groupe ne donne pas de conseils mais où chacun peut dire en quoi la difficulté partagée fait écho à une situation vécue et quelles solutions il ou elle a pu mettre en oeuvre.

Pour moi ce groupe est emblématique de la philosophie des RDV4C, où la solution vient du groupe lui-même, en partant d'abord des intérêts que les personnes ont en commun, en partant des questions qui les travaillent, en révélant le potentiel du groupe et en mettant à profit ses propres ressources et capacités.

Le rythme des rendez-vous est très variable en fonction des besoins du groupe. Certains se retrouvent toutes les semaines et d'autres tous les mois. Certaines personnes participent à plusieurs RDV4C dans la semaine, ou parfois les enchainent dans la même journée, et sont très présentes aux Champs Libres.

Comme tu le vois les 4C sont très variés et ce n'est pas nous qui avons décidé de ces sujets dans un comité de programmation quelque part. Et d'ailleurs nous ne nous autorisons aucun droit de regards là-dessus et sur ce que font les groupes. Ce n'est pas là que nous agissons, et c'est même cette non-programmation qui permet de faire émerger des thématiques parfois originales ou très spécifiques qui correspondent aux envies des personnes.

Notre part a été de rendre ces espaces de rencontres possibles et d'accompagner les groupes à démarrer et faire ce qu'ils ont envie de faire avec l'idée de rendre possible la capacité d'agir, de faire par soi-même et ensemble.

Pour ça nous mettons à disposition nos ressources, documentaires, patrimoniales ou simplement matérielles. Un atelier qui avait besoin d'un endroit calme a pris place dans la chambre noire qui sert à visionner des films à la bibliothèque. L'intérêt de réponse à des demandes émergentes des publics c'est que ça permet de réactiver ou de donner de nouveaux usages à des ressources que l'on a à disposition.

On aimerait aller plus loin dans la mise à disposition de nos ressources "vivantes". Je pense àCynthia Fleury, une psychiatre et philosophe qui va accompagner les champs libres pendant trois ans dans ses orientations thématiques. Cette philosophe travaille sur des notions d'hospitalité, des notions de soins, de relation entre l'individu et le collectif. Cela fait écho à certains Rendez-vous 4C comme l'atelier de soutien participatif, le book club féministe ou encore celui qui se questionne sur la place des retraités dans la société et cherche à se libérer de certaines assignations. Notre idée ce n'est pas de faire une "conférence" mais de voir comment elle peut être une ressource pour les membres de ces groupes pour et les aider à aller plus loin dans leurs réflexions, a leur donner des billes, à partir de ce qui les travaille. Nous allons organiser une rencontre entre eux pour entamer la conversation.

Nous aimerions créer plus de liens de ce type entre les participants des RDV4C et les artistes et experts invités par les Champs Libres. C'est là que l'on voit que le participatif ne remet pas en question la place de l'expert, bien au contraire. De cette façon la programmation et la facilitation pourrait trouver un moyen de s'articuler d'une façon intelligente.

Je trouve vraiment intéressant d'accueillir ce type d'activités dans un espace public comme le nôtre, ça pousse le périmètre de ce qui est considéré habituellement comme "culturel". Je trouve que c'est notre rôle de donner de l'espace pour ces échanges, ces formes d'expressions par le faire, ces activités qui finalement produisent de l'intelligence collective et du bien-être social. Ces espaces il n'y pas beaucoup ailleurs, entre le maison et le travail. Ça correspond a un vrai besoin.

Comment le public est venu ?

On a démarré avec des personnes déjà habituées des Champs Libres ou des communautés existantes sur Rennes que l'on connaissait et avec qui c'était facile de démarrer quelque choses comme avec les wikipédiens. Il y a aussi des collègues de la bibliothèque qui se sont lancés sur un groupe de tricot.

On a occupé un endroit de lecture de la presse au départ. On a fait avec les moyens du bord. Mais matériellement il ne nous fallait pas grand chose non plus.

Les rendez-vous de conversation en langues étrangères se sont rapidement installées dans les 4C. En participant à l'anglais, des personnes se sont dit "et pourquoi je ferais pas de l'espagnol...". D'autres avaient l'envie d'apprendre du vocabulaire en jouant alors elles ont lancé un nouveau 4C dédié au "Scrabble en anglais"

Ainsi de suite, les RDV4C donnent des idées et se propagent par ricochet. De fil en aiguille, des ateliers créatifs sont venus un peu plus tard. Aujourd'hui, des thématiques plus sociétales ou des ateliers d'entraides entre les personnes commencent à émerger.

Les participants se retrouvent sur place et à partir du moment où ils sont trois, on estime qu'ils sont en capacité de faire que le rendez-vous existe. En commençant par 2 ou 3 rendez-vous il y a 6 ans, nous en sommes à bientôt une trentaine aujourd'hui.

Est-ce que maintenant que cela commence à bien fonctionner la clé de la question de la diversité de la mixité des publics est une préoccupation ?

Oui, on est un service public et on ne peut pas se contenter d'un entre soi. Après, ce n'est pas notre entrée, on ne part part pas en se disant que l'on va toucher tel ou tel catégorie de la population.

Sachant qu'il y a déjà une forte fréquentation aux Champs Libres, on a cette chance d'emblée de ne pas avoir à se soucier de faire venir les gens, ils sont là. On se focalise plutôt sur le renforcement de la relation que l'on a avec eux, sur l'accompagnement des personnes partantes pour faire quelque chose avec nous. C'est par l'ouverture, l'envie de faire, la communication de pair à pair, que l'on fait le pari de la diversité.


Les #RDV4C s'installent dans plusieurs espaces adaptés : Vie du citoyen (étage), Magenta (RDC) Museocube (RDC). Mais rien ne les empêche d'aller voir ailleurs…

Les Champs Libres mettent à disposition un espace ouvert, des ressources et facilitent la coopération.

extrait de la page des RV4C

Est-ce que vous avez documenté ces protocoles ?

Oui. On a un blog dont la page "mode d'emploi" est plutôt destinée à ceux qui veulent en savoir plus avant de monter à bord avec nous.

On a aussi un carnet de note en ligne sous licence libre où on documente en détail tout notre propre "mode d'emploi" de coordinateurs, que l'on enrichit au fil du temps.

https://hackmd.io/LkQMhtfHRBqhx8-VF3-8Cg

Qu'est-ce qui semble difficile la coopération ?

Le manque de lâcher-prise et derrière ça de confiance dans la capacité à "faire ensemble".

Le préalable pour moi avant d'inviter à coopérer c'est de croire fermement que les personnes sont capables de faire par elle-même ce qu'elles estiment bien pour elle-même.

C'est aussi d'estimer la valeur que la coopération apporte à l'organisation, de considérer les réciprocités en jeux pour toutes les parties prenantes.

Les organisations qui ne sont pas au clair sur ces pré-requis auront du mal à lâcher-prise, à se décentrer et à adopter une posture adaptée. Elles ont peur de se lassé déborder, ou au contraire que personne ne participe, sans parler des remise en question des pouvoirs en place.

Elles s'imposent alors comme des "goulot d'étranglement" de contrôle où l'ouverture, la fluidité des échanges et la participation reste limitées.

On en arrive même parfois à des injonction participative contradictoires à vouloir faire rentrer des ronds dans des carrés. C'est contre-productif et épuisant et je préfère encore une structure qui assume une certaine verticalité mais qui le fait bien.

On nous demande parfois "jusqu'où il faut aller dans la participation ?" mais pour moi les choses ne se pose pas en ces termes, il n'y pas de limite entre un "eux" et "nous", il y a un enrichissement mutuel à rechercher, basé sur l'envie de "faire ensemble" et de générer des communs pour être plus fort dans ce que chacun cherche à devenir. C'est l'intérêt des communautés de pratique.

Et à l'inverse qu'est-ce qui te semble facilitateur pour la coopération ?

Le plus important à mon avis c'est de partager cette envie forte de "faire commun", et d'avoir le plaisir de se retrouver dans la convivialité. Il faut définir l'intérêt partagé et les réciprocités entre les parties prenantes. Cette "pierre angulaire" tient l'édifice du groupe comme une boussole qui permet de laisser chacun libre d'agir selon son gré, elle alimente le sentiment d'adhésion et incite des nouveaux à monter à bord.

Lorsque nous accompagnement les initiateurs d'un nouveau RDV4C nous prenons le temps de poser cette intention. Cela parait évident et on pourrait avoir tendance à se focaliser tout de suite sur les questions de fonctionnement, mais cette réflexion préalable est clairement facilitante pour la suite.

Le lacher-prise dont on parlait ça veut dire créer des espaces pour "dire oui", pour réduire les frictions et les hésitations. C'est créer des espaces où ou on peut ne pas savoir, où on peut rater, où on peut ne plus vouloir et sortir aussi facilement que l'on rentre, sans obligations. Beaucoup de membres des RDV4C nous disent apprécier cette "non-obligation" à participer. Autrement dit c'est parceque je ne suis pas obligé de m'engager que je le fais de moi-même finalement. Lacher-prise ça veut aussi dire instaurer une gouvernance partagée qui donne la capacité de décider aux personnes qui prennent des initiatives et font avancer le projet commun.

Un des principes dès le départ de Museomix a été de dire que "les personnes qui font ont raison a priori et que celles qui ne sont pas d'accord ont la charge de proposer autre chose". Ce principe de l'action-cratie s'est avéré efficace en terme de fluidité de fonctionnement dans cette communauté élargie.

Dans les RDV4C nous avons une règle du jeux similaire qui stipule qu'on "se retrouve par le faire et l'envie partagée" où tout le monde n'est pas obligé d'être d'accord pour faire la même chose et où chacun est invité à proposer de nouveaux rendez-vous si besoin, tant que d'autres personnes sont d'accord pour le rejoindre. Un peu comme les "forks" dans le logiciel libre. Cela évite se laisser les groupes s'embourber dans des discussions sans fin où personne n'est a priori légitime pour trancher.

C'est ce qui est arrivé notamment avec le rendez-vous de conversation en anglais où certains membres voulaient apprendre par le jeux et d'autres préféraient apprendre des mots de vocabulaire. C'est ce qui nous a amené à réfléchir avec les groupes a cette règle. Une fois partagée elle a permis au groupe de départ de donner naissance à 2 autres groupes dont un groupe « Scrabble en anglais ». Le groupe allemand s'en est inspiré pour constituer un groupe qui parle de façon fluide avec une conversation soutenue en assumant que ce n'est pas un groupe pour les débutants. Mais les débutants peuvent aussi se retrouver pour apprendre ensemble.

Quand l'envie de coopérer est bien là, je trouve que l'un des moteurs les plus efficace c'est simplement de passer à l'action dès que possible, de se mettre en situation, d'expérimenter, de faire évoluer les choses de façon progressive. Souvent je propose de commencer par une petite chose facile à faire mais qui pourrait avoir un impact sur l'intention initiale, au moins symboliquement, et qui génère un mouvement d'entrainement et donne envie de poursuivre.

Ce passage par le concret, par le faire, par la mise en pratique permet à chacun de se projeter, de se saisir d'un rôle à jouer. Cela mobilise toutes les parties prenantes et la diversité de leurs points de vues et formes d'intelligences autour d'un objet commun. Cela permet de se mettre en situation et d'apprendre par l'usage, de se saisir de nouvelles opportunités ou d'éviter des obstacles difficiles à anticiper. Cela permet aussi d'apprendre à travailler ensemble, de façon dynamique, en se posant les bonnes questions quand elles s'avèrent nécessaires, pas toujours posées dans des réunions d'organisation "hors-sols". L'objet crée est aussi en soi un médiateur pour inviter d'autres personnes à monter à bord.

C'est pour ça que dès que les choses sont posées avec les initiateurs d'un nouveau RDV4C, on fait un ou deux rendez-vous "test" avec des personnes qu'ils connaissent et prêtent à jouer le jeux. De cette façon tout le monde est à l'aise pour voir ce qui fonctionne ou pas et ajuster. On accompagne ensuite les trois ou quatre premiers rendez-vous de façon de plus en plus distante, en se situant à la marge, en « rescousse », s'il y a besoin, sur des aspects de facilitation ou pratiques.

Au fil de ces premières sessions le groupe trouve ses marques, prend confiance dans sa capacité à faire par et pour lui-même. Quand le groupe est totalement autonome on se revoit tous les trois mois au minimum pour faire un petit point collectif, voir si le groupe veut essayer autre chose ou a besoin de quelque chose.

Nous même nous avons fait évoluer le cadre des RDV4C de façon très progressive depuis 6 ans. Nous avons construit notre démarche en marchant et elle est toujours en évolution.

Un troisième point qui me semble essentiel c'est d'instaurer une pratique régulière de la transmission entre les membres du groupe. Une transmission du fonctionnement, un passage de relais de pair à pair. Comme une forme de compagnonnage où le souci du bon fonctionnement du groupe est distribué sur les épaules de tous et où chacun est aussi en mesure de recruter de nouvelles personnes et de nouvelles forces pour faire grandir la communauté. Une communauté qui devient plus forte et résilience avec des membres en capacité de faire pour et par eux-même.

Quand nous avons lancé les RDV4C nous étions encore très présent, parfois plus animateurs que facilitateurs. Aujourd'hui, nous confions le cadre des 4C aux initiateurs de rendez-vous et nous nous retirons du groupe dès qu'ils sont prêt à fonctionner sans nous après les sessions d'expérimentations dont je parlais.

Cette vigilance à se décentrer et à transmettre les clefs du fonctionnement vaut aussi pour les personnes qui initient un rendez-vous 4C. Quand des personnes souhaitent se lancer, on leur demande d'inviter d'autres personnes à venir pour construire le rendez-vous à plusieurs tout de suite. C'est une bonne façon de constituer un premier noyaux à l'image de la communauté à venir, ce qui facilitera la montée à bord de nouvelles personnes.

On les invite à se soucier de transmettre le mode de fonctionnement aux nouvelles personnes et de se distribuer des rôles de coopération entre elles. On fait en sorte que le groupe "n'appartienne" à personne, qu'il soit rapidement capable de vivre sans qu'une personne particulière ne soit nécessairement présente.

Au fil du temps, on a mieux compris en faisant que c'était cette autonomie que l'on cherchait au fond à mettre en oeuvre. Cela amène beaucoup plus de fluidité dans l'organisation et ça pousse dans le sens d'un fonctionnement collectif.

Est-ce qu'il y a des personnes ou des lectures qui t'ont marqué ou influencé sur la coopération ?

Les influences sont très variées, elles viennent aussi bien de mes études initiales en sciences sociales que de mon parcours pro dans le numérique et la facilitation.

J'ai surtout appris par le terrain. L'aventure Museomix a été une véritable école du "faire ensemble", avec ses hauts et ses bas. Les amis co-fondateurs, Julien Dora, ou de l'agence Nod-a entre autres ont été très influents sur ma façon de voir et de faire les choses, sur le le développement de communautés ou la facilitation d'ateliers. Les modes de fonctionnements collectifs dans les communautés en ligne et les hackerspacesm'ont beaucoup inspirés aussi.

Dans mes références plus théoriques, il y a les notions de convivialisme (dans le sens d'Ivan Illich). Les notions de municipalisme et de droits à la ville. Dans la même veine, les notions de droits culturels, proches de mes études en ethnologie et les auteurs que j'ai pu lire à cette époque commeFranz Fanon. Les classique du community building dont je parlais plus haut comme Saul Alinsky. Certains livres sur les sources de l'utopie internet, comme "Le bazard et la Cathédrale".

Plus récemment, avec l'Hôtel Pasteur et sa coordinatrice Sophie Ricard j'ai fait connaissance des architectes comme Patrick Bouchain et leurs concepts de "non-programme" et d'architecture en résidence. Ce qui rejoint aussi les réflexions dans les tiers-lieux et fait écho au tiers-paysage de Gilles Clément. Je suis aussi très intéressé par les propos de Cynthia Fleury dont je parlais tout à l'heure, par sa pratique philosophique au sein de l'hôpital, son "université des patients" et ses propos sur le "care", l'individuation, le soin, l'attention à l'autre, les notions d'hospitalité.

L'équipe de la Hop Hop Compagnie est arrivée à Plabennec le 10 juin 2019 pour travailler sa nouvelle création, Swimming Pool, une aventure théâtrale burlesque autour d'un château d'eau.

Avant toute chose, l'essentiel est d'assurer la prise en main d'un édifice tout particulier : le château d'eau de Plabennec. Un lieu inhabituel pour un spectacle !

Différentes étapes entrent en jeu : remise des clés, désactivation temporaire des antennes-relais pour l'installation technique, ou encore consignes de sécurité concernant le réservoir. Grâce à des partenaires comme Le Fourneau et la commune de Plabennec, les envies artistiques peuvent se concrétiser.

Julie Bernard, directrice artistique de la compagnie, annonce le programme de la semaine : contrairement au récit développé durant le spectacle, pas de pénurie d'eau prévue à Plabennec, au contraire, une semaine humide ! Le spectacle est "waterproof", certes, mais les conditions ne seront pas idéales… Néanmoins, la semaine de travail va être intense pour être prêt dimanche !

Entrée dans le château d'eau, qui culmine à 33 mètres de haut : d'après les comédien·ne·s, celui de Plabennec est imposant par rapport aux précédents qu'ils ont fréquenté. Un espace idéal pour stocker du matériel ou s'abriter de la pluie.

Julie, Gaël et Marie-Éléonore se lancent dans l'escalade de l'édifice par l'escalier central. Équipés de casques et baudriers, ils vont installer le dispositif de cordes grâce auquel l'équipe de natation synchronisée va prendre d'assaut le château d'eau durant le spectacle.

Câbles tendus, matériel hissé, camion-scène positionné : tout est en place pour les premières répétitions !

Un peu plus tard dans la semaine, l'équipe du Fourneau a eu droit au premier filage complet de cette nouvelle création : l'occasion pour la compagnie de tester les interactions avec le public !

La compagnie s'échauffe pendant que Julie Bernard explique brièvement le déroulé du spectacle et le rôle que vont jouer les spectateurs.

Début du filage : la joie des artistes est communicative !

Chorégraphies et numéros burlesques s'enchaînent sous les yeux attentifs de la metteuse en scène, qui continue à prendre des notes, à deux jours de la première du spectacle.

Sécurité avant-tout : les artistes vérifient entre eux leurs baudriers, afin d'éviter tout accident au cours de l'ascension du château d'eau de Plabennec.

Les transats prêtés par le Teatr Piba et Ligne 21 sont très pratiques pour admirer la partie aérienne du spectacle !

Cette résidence se termine par la première de Swimming Pool devant un large public, à l'occasion du Printemps des Abers 2019, dimanche 16 juin à 11h33.

Lien social, accès accompagné, expression multimédia, compétences numériques, coopération, territoires en réseau, innovation sociale, biens communs, cultures numériques, transition numérique, pouvoir d'agir, fabrication numérique


Internet et le multimédia sont devenus des médias usuels au travail ou à la maison, dans les études ou les loisirs. Les outils du numérique permettent de plus en plus d'échanges, d'accès à l'information, de communications à distance, de coopération. Leur usage devient indispensable pour la recherche d'emploi ou l'accès aux services.
La place croissante des outils numériques laisse de côté celles et ceux qui n'ont ni les habiletés, ni les occasions de pratiquer couramment ces outils : personnes âgées, éloignées de l'écrit, isolées socialement ou ne disposant pas d'un revenu suffisant se sentent davantage exclues.
Avec les jeux vidéo, les mobiles, la publicité, les industries et services du numérique, Internet est un immense marché.
Avec les blogs, wikipédia, le web public et associatif, l'accès aux savoirs et aux cultures s'est élargi. L'expression est favorisée, reliant les habitants d'un territoire local, donnant à voir la richesse des personnes et des associations qui composent une cité.
De nouvelles pratiques collaboratives, sources d'efficience, d'implication des personnes et d'enrichissement des biens communs émergent dans une dynamique de territoires en réseau et se diffuse lentement face aux cultures d'organisations hiérarchiques et cloisonnées.
Consciente de ces mutations, des enjeux d'innovation sociale du numérique, mais aussi des risques d'exclusion, la ville de Brest lance un appel à projets pour favoriser une société de la connaissance collaborative et ouverte à chacun à même de :

1 - PERMETTRE UN ACCES PUBLIC ACCOMPAGNE, L'ACQUISITION DE COMPETENCES ET L'ACCES AUX SERVICES

Les 95 Points d'Accès Publics Internet (PAPI) brestois rendent possible un accès accompagné en proximité. Ces espaces répondent à la demande de découverte et d'appropriation des outils, à l'accès aux services et à la création de projets par les habitants et les associations. Nous soutenons les acquisitions de compétences numériques qui permettent à une personne d'accéder à l'information, échanger, s'exprimer, travailler avec d'autres.

2 - FACILITER L'EXPRESSION MULTIMEDIA

Internet se développe autour de nos envies d'échanges dans l'entreprise, la vie publique ou nos relations privées. Apprendre à écrire avec le multimédia sur le web avec la photo, l'image ou la musique, gérer son identité, élargir ses réseaux sociaux sont des habiletés, des moyens de communiquer dont nous voulons faciliter l'accès à tous. Nous souhaitons favoriser les projets qui donnent à voir, relient les initiatives, dynamisent le débat, développent l'autonomie des personnes.

3 - AIDER A LA RECONNAISSANCE DES PERSONNES, LA RECONQUETE DE L'ESTIME DE SOI

L'expérience nous a appris que ces outils numériques créent du lien social, aident à la reconquête de l'estime de soi et valorisent les initiatives des personnes et des associations et nous souhaitons soutenir les initiatives qui y participent. Les collectes de mémoires témoignent que chacun est important et contribue à construire la cité d'aujourd'hui.

4 - SOUTENIR LA MUTUALISATION, LES PRATIQUES COLLABORATIVES ET LES BIENS MIS EN COMMUN

Les outils du numérique favorisent le travail en réseau des associations et des acteurs du service public, améliorent les services aux habitants. L'internet est aussi le creuset de pratiques où nous apprenons la coopération et l'élargissement des biens communs tels « bureau libre », le « médiaspip » pour créer radios et webTV, « wiki-brest », les « cartes ouvertes ». Cet appel à projet aidera les initiatives qui mutualisent des outils et contenus, mettent à disposition contenus ouverts et logiciels libres et favorisent la diffusion des pratiques collaboratives.

5 - DEVELOPPER L'INNOVATION SOCIALE NUMERIQUE ET LES INNOVATIONS D'USAGE

Le numérique a permis le développement de l'innovation ouverte comme processus de création de valeur et moteur de transformations sociales. L'arrivée de l'internet en mobilité, le très haut débit, les données ouvertes, les outils de fabrication numérique ouvrent de nouvelles possibilités de services, d'innovations en réseau, de démarches d'élaboration collaborative et de création que cet appel à projets entend encourager.

6 – ACCULTURATION A LA TRANSITION NUMERIQUE ET POUVOIR D'AGIR

Les ateliers de fabrication numérique (PAPIFabs et fablabs) donnent à chacun la possibilité de mieux comprendre les bouleversements que portent les outils numériques émergeants (fabrication numérique, objets « intelligents » et communicants, BlockChains, …) en s'appuyant sur les principes de l'éducation populaire est un enjeu important pour la cité. Cet appel à projet aidera les initiatives qui permettent une connaissance éclairée et la compréhension autour de ces nouveaux outils et contribuent ainsi à développer le pouvoir d'agir du plus grand nombre.

1.1 NATURE DES PROJETS : CONDITIONS D'ELIGIBILITE

Cet appel à projets concerne les associations à but non lucratif, les groupes ou particuliers présentant un projet supporté par une association ou une structure locale. En cas de projet collectif, une association sera désignée par ses partenaires comme porteur du projet. Le champ d'intervention de l'appel à projets couvre les usages du multimédia et d'internet appliqués à l'éducation populaire, à l'action sociale et à la culture au sens large.
La Ville de Brest soutiendra des projets qui prennent en compte la capacité d'adapter ces nouveaux outils aux besoins et aux finalités d'un projet ou d'une structure, la place accordée à l'animation et à l'accompagnement humain des outils utilisés ainsi que la dimension pédagogique du projet. Les projets visant uniquement à s'équiper de matériel informatique, à développer un site web « vitrine » sont exclus de l'appel à projets.

1.2 MODALITES DE SOUTIEN
La Ville de Brest pourra soutenir des projets :

  • sous la forme de subventions au démarrage ou au montage de projet
  • sous la forme de mise à disposition de matériel multimédia
  • par un accompagnement au montage et/ou à la mise en œuvre du projet (Prendre contact avec Florence Morvan du Service Internet et Expression Multimédia (Tel : 02 98 00 82 12) (Mel : florence.morvan@mairie-brest.fr)).
    Le montant et la nature des aides attribuées aux projets retenus seront fixés au cas par cas par le jury, en tenant compte de l'enveloppe générale affectée à cet appel à projets, de l'appréciation des besoins du projet et de la crédibilité du budget présenté par le porteur.
    La base actuelle fixée par projet sera de 2 300 € maximum. Au-delà de 800 € d'aide apportée par la Ville, la recherche d'un financement complémentaire ainsi qu'une participation propre du demandeur seraient souhaitables.
    Les méthodes et outils utilisés devront permettre d'impulser une réflexion sur les modes de relation, de collaboration, de partage et de transfert d'informations et de savoirs entre membres.
    L'appel à projets de la Ville de Brest est soutenu financièrement par le Contrat Urbain de Cohésion Sociale (à hauteur de 10 000 € en 2019).

1.3 MODES DE SELECTION DES PROJETS
Le jury de l'appel à projets de la Ville de Brest, présidé par le Conseiller Municipal délégué en charge du numérique, sera composé d'élus et de personnes qualifiées des services de la Ville ou partenaires de la Ville dans les domaines concernés.

Le jury examinera les dossiers en prenant en compte les critères suivants :

  • la plus-value sociale, relationnelle et/ou culturelle du projet plutôt que la technologie,
  • la prise en compte des populations les plus éloignées des technologies numériques (pour des raisons culturelles, physiques, géographiques, financières, d'âge ou d'éducation)
  • la qualité des partenariats avec d'autres organismes, les modes de fonctionnement témoignant concrètement d'une mise en réseau avec des structures partenaires,
  • le rayonnement possible du projet,
  • l'importance de l'animation et de l'accompagnement pour les utilisateurs du multimédia, leur adaptation au projet et au public

Dès lors que les projets ont éligibles, un soutien est accordé moyennant si nécessaire un partage des moyens financiers alloués.

1.4 MODALITES DE PARTICIPATION :

Les candidats devront constituer un dossier de 5 pages maximum qui devra comporter les éléments suivants :
En première page :

  • le nom (raison sociale) et les coordonnées de l'organisme qui sollicite un soutien
  • le titre du projet
  • montant du soutien demandé et montant global du projet
  • coordonnées du responsable du projet (adresse, téléphone, télécopie, adresse électronique)
  • présentation de l'organisme porteur du projet et la liste des partenaires éventuels
    Puis :
  • une synthèse du projet décrivant les actions envisagées et les étapes éventuelles ;
  • les objectifs du projet, les publics visés, les animateurs ;
  • le budget simplifié et le calendrier prévisionnel du projet.

Les candidats acceptent par ailleurs que leurs projets soient rendus publics, notamment par diffusion sur Internet ainsi que le bilan si celui-ci est retenu.

De plus, pour les porteurs de projets ayant déjà bénéficié d'un soutien dans le cadre des éditions précédentes de l'appel à projets, il est demandé un article de bilan du projet soutenu (TITRE DU PROJET / Partenaires du projet / Bilan de l'action / Suite à donner / Budget). Sans cet article, tout nouveau projet ne pourra être examiné par le jury.

Les projets seront adressés au Service Internet et Expression Multimédia de la Ville de Brest à partir d'un dossier à envoyer avant le 13 septembre 2019.

Dossier à envoyer :
Par voie postale à :
Monsieur le Maire de Brest
Service Internet et Expression Multimédia
Appel à projets Usages du numérique
BP 92 206
29 222 BREST Cedex 2
Ou par voie électronique à : florence.morvan@mairie-brest.fr

1.5 PIECES A JOINDRE AU DOSSIER

  • Relevé d'identité bancaire
  • Copie de (des) l'accord(s) écrit(s) du (des) partenaire(s)
  • Formulaire d'autorisation pour rendre le projet public

1.6 CALENDRIER

  • Lancement de l'appel à projets : 17 juin 2019
  • Clôture de l'appel à projets : 13 septembre 2019
  • Réunion du jury : semaine 42
  • Résultats du jury communiqués par mail aux porteurs de projets : semaine 43
  • Réunion plénière de présentation des projets avec l'ensemble des lauréats : mi-novembre


Annexe

FORMULAIRE D'AUTORISATION

Je soussigné
NOM : …………………………..Prénom : ……………………………………

Association, organisation : ........................................ .......................

Adresse : ........................................ ........................................ ....

Accepte que l'appel à projet que j'adresse à la Ville de Brest soit rendu public ; et notamment sur le site Internet www.a-brest.net

Fait à Brest, le : ….......... Signature :

Texte de l'appel à projets Usages du numérique de la ville de Brest 2018

Annexe II : Récapitulatif des appels à projets ou dispositifs de financement de la ville de Brest et de Brest métropole :

Récapitulatif des appels à projets ou dispositifs de financement de la ville de Brest et de Brest métropole
Texte appel à projets Usages du numérique 2019

Le prochain marché mensuel bio aura lieu dimanche 7 juillet, de 9 h 30 à 12 h 30, sur le parking du Casino, Allée verte, à Lannilis.

Vous retrouverez vos producteurs et pourrez faire vos achats de légumes, jus de pomme, cidre, miel, fromage, saucisson, farine, épicerie équitable, savons…

L'atelier de réparation de vélos sera présent !

Pour ce 10 éme colloque 2019 de "« Questions de pédagogies dans l'enseignement supérieur » " le thème choisi est "'(Faire) coopérer pour (faire) apprendre" 3 conférences sont proposées autour de la coopération.

En attendant une mis en ligne des conférences en voici les présentations issues du site du colloque.

Coopérer pour apprendre : Atouts et Challenges

Jacques Lanarès [1]

Même si l'idée n'est pas nouvelle, la coopération et le travail en groupes prennent une place croissante dans l'enseignement supérieur à la faveur de l'évolution des méthodes et stratégies d'enseignement. La montée en puissance d'approches de l'enseignement centrées sur les étudiants ne fait qu'accentuer le phénomène. Pour autant, s'agit-il d'un effet de mode ou est-ce le résultat d'une nouvelle ou meilleure compréhension des mécanismes de l'apprentissage ? De fait cela peut être l'un ou l'autre selon que l'on en fait une panacée ou un dispositif privilégié dans des contextes spécifiques. Pour apporter des éléments de réponse à cette question, l'intervention reviendra tout d'abord sur les fondements psychologiques et pédagogiques de l'utilisation du groupe dans l'enseignement, en particulier supérieur, puis s'attachera à faire ressortir les conditions d'efficacité de ces dispositifs en revenant notamment sur les principaux éléments à retirer des recherches sur le fonctionnement des petits groupes et des équipes. Ceci sera l'occasion de souligner quelques éléments clés de la coopération.
Enfin, l'intérêt de ces dimensions /aspects dans une perspective d'employabilité ainsi que les conditions à créer pour favoriser le transfert seront abordées.

Coopérer, d'abord un changement de posture

Michel Briand [2]

La coopération, la capacité à innover, la créativité, figurent en tête des référentiels des compétences attendues dans ce 21ème siècle d'une société transformée par nos usages du numérique et confrontée à l'urgence des transitions. L'abondance des contenus numériques, des innovations sociales et des initiatives locales appellent à des changements de posture pour "faire avec", "être en attention", "donner à voir", apprendre à coopérer et développer les communs. Des années d'expérience dans le développement des pratiques collaboratives dans la société nourriront cette présentation centrée sur l'apport de la coopération ouverte.

Freins et facilitations seront illustrés et déclinés dans le domaine de la formation au travers d'interviews d'acteurs.

L'ère du "co" et de l'open : entre solutions concrètes et imaginaires numériques.

Célya Gruson-Daniel [3]

La coopération, l'ouverture, le partage ou encore la co-construction sont au coeur des discours qui décrivent nos sociétés et les dispositifs numériques qui les accompagnent. L'enseignement supérieur et la recherche (ESR) n'y dérogent pas, ce qui bouscule les pratiques pédagogiques et les modes d'organisation au sein de nos instituts.

Or, une rapide rétrospective sur les attentes initiales portées sur les MOOC à partir de 2012 - comme espace de coopération et d'ouverture- à la réalité des plateformes et des usages actuels amène à s'interroger sur les possibilités concrètes d'une coopération tout autant que des valeurs et des objectifs qui y sont associés.
Entre coquille creuse des discours institutionnels et mise en oeuvre de dispositifs (véritablement ?) coopératifs et ouverts/libres, des pistes de réponse se trouvent dans l'analyse de la pluralité des significations que ce terme recouvre.

En revenant sur la polysémie d'une formule voisine l'open, Célya Gruson-Daniel détaillera les différentes conceptions qui y sont associées afin d'éclairer ce que coopérer peut vouloir dire aujourd'hui. Cette présentation sera une invitation à un regard réflexif au sein de l'ESR sur les imaginaires du "co" et de l'open et les moyens de leur implémentation, ce qui nécessite au delà de l'aspect technique "numérique" des changements d'ordre cognitifs sur nos modes de penser et faire société aujourd'hui.

[1] acques Lanarès a été Vice-Recteur de l'Université de Lausanne de 2006 à 2016. Il était en charge de la Qualité, des ressources humaines, du développement de l'enseignement et du E-learning. Il est très impliqué dans les questions de Qualité, que ce soit au niveau national ou international. Il a présidé pendant 9 ans le Réseau Qualité des universités suisses et la Délégation Qualité de la conférence des recteurs, il est membre du Conseil Suisse d'Accréditation et expert auprès de plusieurs organisations telles que l'EUA ou la Banque mondiale et pour diverses agences d'accréditation (Belgique, Finlande, France, Irlande, Lituanie, ENQA).

[2] Michel Briand est professeur émérite à l'IMT Atlantique et animateur du site contributif « Innovation Pédagogique » sur l'enseignement supérieur francophone. Il a été membre du Conseil National Numérique (2013-16). Élu au numérique, à la démocratie locale puis à l'économie sociale et solidaire à Brest, de 1995 à 2014, il a développé une démarche facilitant l'implication, le pouvoir d'agir avec le souci d'une e-inclusion. Acteur des réseaux coopératifs et des communs il édite un blogsur les démarches contributives et donne à voir ce qui motive les personnes à coopérer et participer aux communs. Il co-anime les sites ouverts « a-brest.net », « Bretagne-creative.net » et les événements tels Brest en communs ou le Forum des usages coopératifs.

Plus d'informations : http://www.cooperations.infini.fr/

[3] Célya Gruson-Daniel est docteure en sciences sociales (STS/SIC), diplômée du CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires). Ses recherches questionnent la place des savoirs dans nos sociétés modernes et le rôle des imaginaires technoscientifiques sur leurs façonnages. Elle s'ancre dans une approche interdisciplinaire (master en neurosciences, doctorat en SIC/STS) avec une démarche pragmatique ("par le faire") et entreprenariale afin d'éprouver les transformations de nos modalités de penser et d'agir avec et par les technologies numériques.

La Dreal Pays de la Loire organise à Nantes le 13 juin prochain une journée de séminaire sur la thématique de l'Economie de la construction biosourcée. L'objectif est de montrer la faisabilité de la construction biosourcée à coût maîtrisé, en présentant des actions exemplaires, en décrivant les processus à respecter pour contenir ces coûts, en présentant l'évolution des marchés pour certains produits.

La commune de Mouais interviendra le matin lors de la table ronde « Construire en materiaux biosourcés en Pays de la Loire » pour partager son expérience acquise par la réalisation de la salle multifonction de la commune et présenter le projet d'extension de l'école en ossature bois, terre et paille.

Bruded interviendra également l'après-midi à l'occasion de la table ronde « Accompagner les acteurs de l'éco-construction tout en maîtrisant les coûts ».

Lien vers le programme et l'inscription au séminaire sur le site de la DREAL Pays de la Loire.

Plus d'info sur Mouais

Du blog Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur, aux pratiques pédagogiques ouvertes, Jean Marie Gilliot relate et met en acte des pratiques collaboratives dans la formation et en recherche. Une interview qui vient à point, la veille du colloque 2019 de "Questions de pédagogies pour l'enseignement supérieur" sur le thème de « (Faire) coopérer pour (faire) apprendre ?" dont les actes (pdf 1715 pages) ont été publiés en amont pour favoriser et les échanges et sous une licence qui en permet la réutilisation.


Bonjour Jean Marie est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m'appelle Jean-Marie Gilliot, je suis enseignant chercheur, maître de conférences en informatique à l'IMT atlantique [1]. J'ai des activités d'enseignement autour de la pédagogie par projet, j'essaie d'avoir des cours qui soient le plus participatif possible et ses envies en termes de pédagogie m'ont amené à développer des activités de recherche en lien avec l'éducation. Je pose mes réflexions, pour les partager, sur un blog « Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur » [2].

Ce blog se veut francophone. Ses thématiques sont

  • des réflexions sur l'évolution de la formation des ingénieur
  • des réflexions sur l'évolution de l'apprentissage et de ses environnements techniques,
  • des exemples ou retours d'expérience sur des utilisations pédagogiques autour du web2.0
  • des informations pédagogiques pour les enseignants, des annonces de manifestations ou des retour de journées auxquelles j'ai assisté
  • diverses réflexions sur l'évolution des ressources éducatives, notamment libres, et souvent dans un contexte universitaire


    extrait de la présentation du blog


Si tu avais pour tout ce qui touche à la coopération, quelques mots clés pour te définir quels seraient-ils ?

Ce qui m'intéresse ce sont les équipes pédagogiques, les activités des étudiants. C'est aussi la question de l'ouverture et le partage d'expériences.

Travailler en équipe pédagogique est pour moi quelque chose de très important, que ce soit avec des collègues en interne ou en externe parce que cela permet de dépasser son propre cadre et de se remettre en question, et ainsi de remettre en question les enseignements et d'avancer, d'avoir des points d'échange, de réflexion qu'il est difficile d'avoir tout seul, parce que le professeur est souvent tout seul.
Un étudiant va s'engager, apprendre, développer des processus d'apprentissage dans l'action et pas dans l'écoute, même active. Il y a nécessité de trouver des modalités qui l'amènent à se positionner, à contribuer, à produire des choses, souvent avec le numérique.

L'ouverture est quelque chose que l'on retrouve aujourd'hui à tous les niveaux parmi les personnes qui s'impliquent dans l'innovation pédagogique ou qui font de la recherche dans ce domaine. Il y a la nécessité de croiser des expériences, d'aller au-delà de son établissement. Il y a beaucoup d'intérêt à partager, à écouter et à échanger dans le cadre le plus large possible. Cela rejoint quelque chose que tu as créé, qui est le réseau prof à Brest.

C'est l'idée que l'on peut discuter avec des gens qui sont de domaines différents, de niveaux différents, d'approches différentes et que l'on en retire des éclairages, que cela permet de bousculer ses convictions préalables.

Tu as parlé plusieurs fois de partage est-ce que cela ne serait pas aussi un de tes mots clés ?

Oui, de manière évidente, même si je n'avais pas là explicité, le partage est indispensable. Les chercheurs partagent, ils diffusent leurs connaissances dans des conférences, c'est une forme de partage mais qui a ses limites. Un des intérêts du partage quand tu le travailles de manière plus ouverte, c'est d'aller au-delà des communautés qui sont préétablies, un cran plus loin. Les communautés scientifiques et les communautés d'enseignants autour d'une thématique, d'une discipline sont importantes, cela permet de formaliser des choses, qui peuvent ensuite être remises en question dans un cadre plus large. Il y à la fois ce besoin de formalisation et de mise en question.

Comment en es-tu venu à t' impliquer dans des modes de travail coopératif ?

En tant qu'informaticien, j'ai été sensibilisé au logiciel libre dans les années quelque 90. C'est quelque chose qui a posé des premiers éléments de partage, vus dans un cadre particulier mais qui sensibilisent au partage. Dans les mêmes années, il y a eu la création du Web où on pouvait avoir des pages personnelles grâce aux sites institutionnels qui ne contrôlaient pas du tout cela et où tout le monde pouvait poser ses cours. Et notamment en tant qu'enseignant des systèmes d'exploitation comme Linux il paraît logique que tes cours soient aussi ouverts que les systèmes que tu enseignes !

Puis, il y a des déclencheurs en termes d'équipe, je parlais tout à l'heure d'équipes pédagogiques. J'ai eu une première expérience de création de filières d'enseignement à la fin des années 90, début des années 2000 dans un mode de travail coopératif.

Ensuite je suis arrivé à Télécom Bretagne au moment d'une réforme, avec la création de tout un pan d'enseignement autour de la pédagogie par projet. C'était un moment où tout le monde se posait des questions, où on s'est retrouvé entre enseignants de toutes les composantes de l'école avec à la fois plein de questions, plein d'envies, un appui des enseignants de Louvain-la-Neuve qui nous ont bien accompagné. Tout cela a permis d'entrer dans une logique de construction coopérative, qui pour moi était un vrai appel d'air en arrivant ici. J'ai répondu présent à l'époque et rentrer dans cette logique a été un véritable accélérateur pour m'intégrer à Télécom Bretagne.


Est-ce que tu peux te présenter un ou deux projets coopératifs auxquels le tu as participé ?

Le MOOC ITYPA « Internet tout y est pour apprendre » [3]

C'est ma plus belle expérience. On est en 2008-2009 et des personnes au Canada font un objet qui s'appelle un MOOC connectiviste, qui disent que tout apprentissage est contextuel et que la connaissance naît de l'échange et de la collaboration. On regarde comment faire cela chez soi ici en France et en 2011 se constitue une équipe, via Twitter au départ, pour travailler sur un premier projet de MOOC qui était « Internet tout y est pour apprendre » avec l'idée de poser la question de « comment on apprend avec Internet » à toutes les personnes qui voudraient s'y inscrire, comment on utilise tous ces outils là pour construire des idées, pour collaborer et pour construire un corpus de connaissances. Cette initiative a fait le buzz, c'était très sympathique de rencontrer plein de gens. Dans une première étape on a construit un script à quatre [4] avant d'être rejoints par un millier de personnes venues pour échanger, contribuer et qui à la fin vous disent : « on fait la synthèse et on continue derrière vous ». Une autre chose que j'ai beaucoup apprécié au travers de ce cours là, cela a été de pouvoir le jouer une fois, deux fois et à la troisième fois de le voir repris par d'autres et qui le font vivre à leur manière ; donc un projet qui évolue et qui continue sans nous.


Dans un projet coopératif comme cela qu'est-ce qui a été facilitateur de la coopération ?

Une écoute, une bienveillance, une envie de faire ensemble un objectif qui était à la fois clair et ouvert.

Et en termes de difficultés ?

Des difficultés institutionnelles. Une incompréhension totale sur ce que l'on faisait. J'avais fait une petite demande d'aide au niveau de mon institution et on m'a dit « non c'est compliqué on ne comprend pas tout ». Du coup on fait cela à la marche sur le temps « libre », en dehors des activités d'enseignement et de recherche classiques, sur un temps non intégré et non reconnu.

Et puis à un moment donné les gens comprennent, et là tout d'un coup, il faut faire des articles de journaux, il faut faire de la publicité sur cet objet là parce qu'on est arrivé au moment juste où les MOOC démarraient en France [5] et où ce mot est devenu un buzz.

On l'avait réalisé hors institutions avec des personnes de plusieurs structures, mais au moment de la bascule d'une activité de temps « libre » à un événement médiatique, chaque établissement a cherché à tirer un peu la couverture à lui. On avait quatre personnes d'établissements voir d'horizons différents et c'est une difficulté d'expliquer ce cadre à un journaliste qui souhaite une formule de type « une personne, un événement, un lieu, une date ». Cela ne rentrait pas dans le cadre.

Est-ce que tu aurais un second projet à présenter ?

J'ai essayé de documenter plein de projets réalisés avec mes étudiants parce que j'aime bien faire et changer.

Il y a eu la réalisation de supports de cours multi-langues sur un wiki par les étudiants, parce que les étudiants voulaient leur support propre et que ce public était multi langues.

Il y a eu la réalisation d'un « non cours » sur les mobiles, où l'on prenait une demi-journée à présenter les outils pour développer une application mobile. On disait à nos étudiants : « Vous ne savez pas ce que c'est une application mobile, c'est normal, donnez-vous un objectif de développement mobile est dans une semaine montrez-nous ce que vous avez fait ». Les étudiants apprenaient ce dont ils avaient besoin au fur et à mesure qu'ils développaient leur projet et au bout d'une semaine aucun étudiant n'arrivait sans projet qui tournait !

On l'a mis en œuvre trois ou quatre fois. Dans un tel enseignement (je n'ose pas dire un cours) il y a vraiment cette idée « on se projette, on fait en équipe » et les enseignants sont en soutien et non à décliner la méthode pour développer une application mobile. Ils ont un projet qu'ils ont choisi et l'arrivée ils ont tous appris à développer, à utiliser bibliothèque d'applications. Cela permet d'inverser la logique déductive classique. On ne part pas de ce qu'il faut savoir avant, où l'on déroule les contenus au fur et à mesure ; on apprend en marchant mais avec un objectif.

J'ai aussi mis en place l'année dernière une classe renversée sur le Web [6], où ce sont les étudiants qui produisent le programme, l'évaluation et le contenu. Pour être en cohérence, ce contenu est produit sous forme de site Web, avec des outils de production Web, et le source est également publié sous forme de dépôt sur le Web.

Cela m'a d'ailleurs permis de prendre un peu plus conscience d'une limite courante dans le mouvement des ressources libres. Celles-ci sont souvent vues comme un objet de communication, de diffusion. La question du dépôt de diffusion comme celui de opencourseware est régulièrement discuté. Mais même avec des licences qui permettent la réutilisation et l'évolution, ces ressources sont généralement fermées techniquement au sens qu'il est très difficile de les modifier, de reprendre une ressource libre et de la réadapter, ce qui est tout de même étonnant. Il y a un vrai problème de vision de ce qu'est une ressource ouverte. La ressource libre est ouverte et disponible dans une vision orientée diffusion institutionnelle mais pas orientée réutilisation et évolution, au sens ou son « code source » n'est pas systématiquement publiée.

Si on reprend les outils de développement d'un site Web, la mise à disposition du code source et donc l'opportunité de le modifier devient naturelle. Les étudiants peuvent modifier des choses qui ont déjà été faites. On retrouve aussi cela dans Wikipédia.

Et dans ce volet « étudiant producteurs de ressources » qu'est-ce qui te semble facilitateur ?

Déjà de choisir le contenu qu'ils vont produire dans le cadre d'un cours qu'ils ont envie de faire, sur un sujet qui les intéresse. Là aussi, l'idée n'est pas de dire voilà le corpus exact qu'il faut développer, mais par rapport à une thématique leur laisser proposer les sujets du cours. Cela aide, parce qu'alors les étudiants s'investissent davantage.

Ce qui est facilitateur aussi c'est la publication [7]. Savoir que ce va être lu, être partagé avec les autres, que cela servir de support aux autres.

Et en difficultés ?

Clairement pour les étudiants, de se projeter, d'être au clair sur ce que c'est qu'un bon support, parce que leur vision des cours est biaisée par leur expérience. Là aussi on a un problème de maturité sur ce qu'est un cours que j'ai envie de passer à quelqu'un d'autre. Un étudiant va avoir tendance à faire un cours académique plutôt que le tuto Web qu'il utilise par ailleurs à travers une vidéo par exemple à la fois parce que c'est plus compliqué et parce que c'est moins chic.

La coopération entre enseignants de différents établissements n'est pas très courante. Qu'est-ce qui te semblerait faisable pour la faciliter ?

C'est compliqué parce que lorsque l'on travaille sur des MOOC ou sur des objets visibles de ce genre il y une pression de l'institution qui veut qu'elle soit visible, qui voit cela comme un objet de marque, ce qui constitue une vraie limitation. La reconnaissance de l'implication dans les projets inter institutions, inter établissements serait facilitatrice. On peut le faire dans une fédération d'établissements comme à l'IMT avec un MOOC qui soit de l'IMT et pas de tel ou tel établissement. Un deuxième point d'entrée est celui de personnes qui se retrouvent autour d'une discipline mais cela reste difficile car chacun est persuadé d'avoir une approche originale, et adaptée à son public.

Mais en dehors des MOOC qu'est-ce qui fait qu'alors que des enseignements analogues sont développés dans beaucoup d'établissements, il y ait si peu de coopération entre équipes pédagogiques de différents établissements ?

L'enseignant est d'abord un artisan avec sa propre intention pédagogique, avec une autre difficulté celle de temporalités différentes ici un cours de 12 heures, là un cours de 20 heures. La vision modulaire est très compliquée. Et c'est souvent aussi dur de reprendre un cours qui ne va pas me convenir parfaitement plutôt que de refaire moi même le cours ?

Est-ce qu'il n'y a pas aussi une histoire culturelle ou le fait de faire tout seul est valorisé ? Sans par ailleurs une incitation à partager ?

C'est encore le contexte institutionnel où il faut rendre visible la marque et les professeurs dans l'enseignement supérieur font partie de la marque. Les MOOC ont eu cette qualité de rendre visible ce que faisaient les autres, mais dans un cadre qui devient de plus en plus contrôlé. Et, effet de bord, faire un livre sur un cours devient moins naturel aujourd'hui puisqu'il a moins de diffusion. La valorisation des supports, de les partager, devient moins valorisante. C'est une vraie difficulté.

D'autant que la réutilisation de cours existant reste difficile. Une collègue me disait refaire son cours différemment pour chaque public d'étudiants. Maîtriser et adapter le contenu est compliqué.

Rendre visible un cours demande un effort supplémentaire qui n'est pas valorisé et qui n'apporte pas d'intérêt direct à l'enseignant sauf à vouloir partager et avoir envie d'aller au-delà de sa tâche d'enseignant dans l'établissement ?

Tu participes aussi au réseau coopératif prof à Brest et le sens de la participation à ce réseau ?

Je passe trop peu temps à y participer. À Brest, et c'est sûrement vrai partout ailleurs, il y a une richesse d'expériences extraordinaire avec plein de choses qui se font dans tous les contextes. On le voit quand on se croise entre enseignants du supérieur. On le voit aux réunions de prof à Brest. On le voit quand on organise la session du Forum des usages coopératifs sur l'éducation [8] ou à chaque fois on rencontre des personnes qui viennent raconter des choses qui sont toutes plus décoiffantes les unes que les autres. On le voit quand on se sollicite les collègues en interne qui tout en n'ayant « rien à dire » ont beaucoup de choses intéressantes à partager.


Il y a plein de choses à partager mais on a du mal à mettre en place des vecteurs de partage. Aussi il est important d'essayer tous les vecteurs de partage possibles.
Pour faciliter les échanges il est important d'aller voir les gens comme cela été fait à Telecom Bretagne pour initier le blog Innovation Pédagogique. Il y a beaucoup plus de personnes qui ont des expériences à raconter dès lors qu'on les sollicite. Ce matin il y avait une réunion sur la classe inversée il y avait beaucoup de gens qui étaient là que l'on ne voit pas toujours et qui ont des choses à dire. Nous avons besoin d'échanger.

L'idée de prof à Brest c'est de faciliter les contacts, de proposer une régularité de rencontres pour que plus de gens soient au courant et y participent pour découvrir, prendre, échanger et commencer à prendre la parole. Pour construire un réseau, il faut proposer de la régularité.


Sur l'enseignement supérieur on se connaît entre nous sur un site territorial donné, on essaie de se passer l'information, de se proposer des sujets il y a toujours une envie et un plaisir de se rencontrer. La difficulté c'est qu'on est tous débordés par les activités de tous les jours et du coup on a du mal à mettre de l'énergie en plus dans cette mise en réseau.

Et on organise tout de même des choses comme le prochain colloque Question de Pédagogie pour l'Enseignement Supérieur [9] qui va se dérouler à Brest en juin et qui est co-organisé par plusieurs établissements de l'enseignement supérieur Brestois.

En termes de personnes, de lectures lectures qui t'ont influencé sur la coopération est-ce que tu aurais des références à citer ?

Il y a bien sur Jean-Michel Cornu sur la coopération qui l'explique bien, il y a toiqui la vis bien.

Côté enseignement il y a plein de gens qui nous parlent de coopération les Freinet, Montessori.

Je suis assez sensible à ce que fait Georges Siemens qui est le « Mr MOOC connectiviste » qui a une vraie vision de parcours et de contextualisation de l'apprentissage.

[1] École d'ingénieurs située à Brest, Nantes et Rennes née de la fusion en 2017 de Télécom Bretagne et de l'École des Mines de Nantes et où l'auteur de l'interview a également travaillé comme responsable de formation.

[2] Un site sous licence CC-by, voir aussi la cinquantaine de publications de Jean Marie Gilliot reprises dans le répertoire des publications de l'IMT atlantique sur Innovation pédagogique

[3] Voir l'article de Jean-Marie Gilliot , Anne-Céline Grolleau, Morgan Magnin et Christine Vaufrey publié dans les actes du Colloque QPES 2013(Page 253 à 259) et repris sur Innovation Pédagogique

[4] les quatre auteurs de l'article précédemment cité : Jean-Marie Gilliot [1], Anne-Céline Grolleau [2], Morgan Magnin [3] et Christine Vaufrey [4 ]

[1] TÉLÉCOM Bretagne, Institut Mines TÉLÉCOM, Projet 3S, Brest, France

[2] École Centrale, Nantes, France

[3] École Centrale, IRCCyN, Nantes, France

[4] Thot Cursus, Lyon, France

[5] Le MOOC ITYPA a été le premier MOOC réalisé en France.

[6] voir l'article Et si on considérait la construction d'un cours comme un projet collaboratif – une classe renversée Web

[7] voir par exemple Web et médiation : de la copie au polycopié collaboratif

[8] Jean Marie Gilliot a coordonné la session « Favoriser les coopérations ouvertes en éducation « du 8éme Forum des usages coopératifs sur le thème de la coopération ouverte dans l'éducation en Juillet 2018 sur le campus de l'IMT Atlantique à Brest. voir notamment ses articles :

[9] Telecom Bretagne, devenue l'IMT Atlantique, est avec l'ENSIETA et l'UBO à l'initiative de ce colloque international francophone qui se déroule tous les deux ans et a lieu une fois sur deux à Brest et dont ce serra la 10éme édition que Jean Marie Gilliot co-pilote sur le thème justement de la coopération : « (Faire) coopérer pour (faire) apprendre ? et dont les actes seront cette année diffusés sous une licence ouverte.

Découvrez le programme du prochain lundi de la santé : lundi 24 juin de 18h30 à 20h00

avec :

  • Dr Bruno Sassolas , Onco Dermatologue / CHRU Brest
  • Dr Gilles Quéré , Onco Pneumologue / CHRU Brest

Après l'ère de la chimiothérapie, nous avons assisté au cours des 15 dernières années, à l'émergence de nouveaux traitements contre le cancer.

Les thérapies ciblées, souvent plus efficaces, mieux tolérées et plus spécifiques que les chimiothérapies sont apparues dans les années 2000. Leur nombre et leurs indications sont croissantes. Retour ligne automatique
Ces traitements nécessitent souvent une analyse plus fine des cancers pour un « ciblage » précis. Leur mode d'administration, par voie orale pour certaines, change également l'approche thérapeutique.

L'immunothérapie, apparue au début de la décennie actuelle, est un traitement qui vise à mobiliser les défenses immunitaires du patient contre sa maladie.
En effet, le cancer acquiert souvent la capacité d'échapper à la surveillance constante exercée par le système immunitaire. Le principe du traitement est de rendre à nouveau le cancer visible par notre système immunitaire.
Les indications actuelles sont nombreuses et les résultats dans certains cas spectaculaires avec des effets jusqu'à présent rarement obtenus avec les traitements plus classiques.

Ces différents progrès incontestables, qui ont changé le quotidien de la vie de nombreux patients, ne doivent cependant pas faire oublier que, parfois malheureusement, certaines tumeurs restent insensibles à ces nouveaux traitements. Ceci nous impose de maintenir une recherche très active dans ce domaine.

Mercredi 19 Juin, venez rencontrer à Saint Pierre les différentes structures brestoises qui travaillent autour de la parentalité

Une rencontre « être Parent à Saint-Pierre » est organisée le mercredi 19 juin de 16h à 18h au centre social de Kerourien,
Elle est ouverte à tous les parents et professionel.le.s du quartier qui souhaitent s'informer, échanger ou juste se rencontrer !

Il est prévu des projections de films sur des questions de parentalité, des stands de structures qui viendront présenter leurs actions à destination des parents ( PMI, Maison des parents, centre de planification familiale…..), des jeux pour les grands et les petits..
Un goûter sera également offert !

Cette rencontre est organisée par l'équipe de développement social urbain dans le cadre du projet de cohésion social du quartier de Saint-Pierre

Le samedi 22 juin de 13h45 à 17h

2 jardins et une serre du Relecq-Kerhuon nous ouvrent leur porte.
Venez les découvrir grâce à une balade animée par Vert le Jardin et échanger sur le jardinage au naturel.

Balade gratuite sur inscription : 02 98 33 50 50 infos@brest-metropole.fr
ou directement en ligne : https://form.jotformeu.com/91484173887370

La pratique artistique étant un atout dans le soin et la sociabilisation des personnes atteintes de troubles psychiques, l'association Canal Ti Zef propose des ateliers de création vidéo adaptés à tous les publics et collabore depuis quelques année avec le CATTP de la Rive Droite à Brest.

le jeudi 27 juin 2019 à 20 heures au Cinéma Les Studios à Brest est présenté dans ce cadre la vidéo Confluence ,


durée - 10mn : Un homme traverse la ville avec une mélodie dans la tête en même temps qu'un autre traverse un bois ...

Confluence est une vidéo réalisée par un groupe d'usagers du CATTP Rive Droite de Brest lors de l'action culturelle « Le cinéma des usagers du CATTP Rive Droite » proposée par l'association Canal Ti Zef, en partenariat avec le CATTP Rive Droite, la Médiathèque des Capucins de Brest, avec le soutien du Service Internet et Multimédia et du Service Promotion de la santé de la Ville de Brest entre 2018 et 2019.

Présentée en présence de l'équipe de réalisation, la séance sera complétée par la projection du film de Todd Haynes Le Musée des Merveilles


Le Musée des Merveilles, avec Oakes Fegley, Millicent Simmonds, Julianne Moore - 2017 - 1h 57min - en version française :
Sur deux époques distinctes, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l'indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

l'entrée est au tarif unique de 5 €

renseignements : contact@canaltizef.infini.fr, www.cine-studios.fr

Le projet consiste en la création de salles de classe et d'un restaurant scolaire. Ces deux bâtiments principaux sont reliés par un grand préau, au-dessous duquel se situe deux maisonnettes, l'une abritant un espace bibliothèque l'autre pour les toilettes. Une coursive extérieure assure la circulation entre les bâtiments existants et les ouvrages à créer dans le cadre du projet.

Organisée conjointement par Bruded et Abibois, la visite du groupe scolaire de Baulon le 30 avril dernier a connu un franc succès avec pas moins de 80 participants : architectes, bureau d'étude, entreprises ainsi que quelques élus et techniciens de collectivités.

L'objectif de cette visite est de montrer le déroulé d'un projet d'éco-construction, de la volonté politique initiale jusqu'à la mise en œuvre. Suite à l'accueil des participants par Bruded et Abibois, le maire Jean-Paul Riu a présenté sa commune et l'évolution de ses besoins. Puis ses adjoints, Olivier Laneret et Jean-Marc Renault, ont pris le relais pour exposer les intentions politiques du projet et relater le cheminement de la réflexion qui les ont mené à faire le choix des éco-matériaux. L'idée de départ était de réunir les deux écoles de la commune, de disposer d'une véritable cantine.

Le projet

(d'après lafiche projet publiée par Bruded)

Pour répondre aux besoins, la municipalité a décidé de lancer la construction d'une extension de son école et d'un nouveau restaurant scolaire. Préalablement au projet, les élus avaient visités avec BRUDED plusieurs réalisations d'école ayant fait appel à des briques de terre crue, réalisées sur place, notamment à Baulon et Treffieux (44). Avant de lancer la consultation de maîtrise d'oeuvre, Jean-Marc Renaud, adjoint, avait contacté le Collectif des terreux armoricains sur les conseils de Bruded, afin d'effectuer une analyse visuelle de la terre présente sur le site. Celle-ci avait confirmé l'aptitude la terre pour réaliser de la construction en terre.

Le programme a été réalisé en interne, en s'appuyant sur les professionnels des deux écoles. Parmi les deux objectifs figuraient la volonté de “limiter les dépenses de chauffage et de favoriser l'emploi de matériaux écologiques”. Les élus ont décidé de confier la réalisation à l'équipe d'architecte Faro. Pour répondre aux usages, les architectes ont continuer d'associer les usagers afin notamment de bien discuter des questions d'implantation et de circulation. Au final, le projet est composé de 3 nefs en ossature bois, abritant chacune un espace dédié : le restaurant scolaire dans la nef la plus au Nord, dans celle du sud les 4 classes de l'école élémentaire, la grande nef du milieu servant de préau et abritant la bibliothèque. Une coursive extérieure relie les nouveaux bâtiments aux anciens. Le mélange terre-fibre, expressément demandée par les élus, a été utilisée pour réaliser tous les murs de séparation des classes (150 m2) et pour la construction de la petite bibliothèque.

Le marché de consultation des entreprises a été lancé mi-juin 2018 pour une réponse attendue au plus tard le 18 juillet. Il comprenait la volonté de réaliser des chantiers participatifs autour du chantier terre. C'est l'association De la Matière à l'ouvrage associée à l'EURL Maison en terre (35). Ils encadrent un chantier de formation et assureront un petit chantier pédagogique avec les enfants. Côté ossature bois, le chantier a été réalisé par la SCOB (35). La pose de l'isolation en laine de bois et du pare vapeur assurant l'étanchéité à l'air sont réalisé en atelier avant d'assembler les panneaux préfabriqués sur place.

Un relais d'une démarche projet engagée par quelques acteurs du libre à Rennes publié par Gulliver et sur le blog tchac.xyz

Face au constat de la dispersion du Libre à Rennes, et à un certain manque “d'impact” de la communauté malgré tous les efforts, une démarche de réflexion commune est lancée en mai 2019 suite à ce billet de blog : https://blog.tchack.xyz/un-espace-commun-pour-le-libre-rennais.html

“Toutes les briques sont là et existent grâce à l'effort continu de certain·es, mais la mayonnaise ne prend pas pour construire ce Commun.”

–> Tous les acteurs locaux sont invités à participer (si j'en ai oublié, manifestez-vous !).

Les échanges ont souligné, de diverses façons, qu'il manque un “espace” où on pourrait échanger, co-construire, tester des choses, à la fois entre libristes et avec le public et les structures (assos, collectivités…), et qui ne soit contrôlé par personne en particulier. Je dis “espace” avec les guillemets car la définition reste floue et à travailler ensemble :

lieu physique, forum public, liste mail (encore une ?), serveur pour faire tourner du code partagé, forge logicielle, wiki, rencontre régulière et fréquentée…

La Question sous-jacente pourrait être : comment co-construire un "espace" qui permettra la rencontre et l'accomplissement en Commun de projets libres et ouverts à Rennes ? Je ne sais pas exactement quoi chercher, depuis les deux ans que je tourne dans le milieu. Toutes les briques sont là et existent grâce à l'effort continu de certain·es, mais la mayonnaise ne prend pas pour construire ce Commun. Evidemment, je prends une vision un peu idéaliste de l'objectif, et je sens aussi qu'une part de vocabulaire me manque, un travail d'outillage linguistique pour désigner ce dont on veut parler.

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Rencontres "PicNics"

Suite aux premiers retours, Jaxom propose trois temps d'échanges le long du mois de Juin, en mode picnic/auberge espagnole dans les parcs rennais du centre-ville :

Mardi 11/06 à 18h : en lien avec l'atelier de Xavier C., aux terrasses du Vertugadin
Mardi 18/06 à 12h30 : au parc du Thabor (Carré Duguesclin).
Mercredi 26/06 : heure et lieu selon vos réponses ! :-) (clôture des votes le 17/06)

Ca sera l'occasion d'échanger de vive-voix et d'explorer des solutions pour agir et faire. Et comme tout le monde ne peut pas se dédoubler, on documentera autant que possible ;-)

Plus d'information sur la page wiki de Gulliver

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