Actu Démocratie participative

C'est le 1er jour de l'automne et cela se fête !
Rendez vous lundi 23 septembre au jardin partagé de Pouleder.
18 rue de Pouleder à Brest !
On vous prépare un jolie programme de 15h à 19h.
Et pour fêter cette fin d'été venez à la fête habillé en épouvantail !

Retrouvez-nous le samedi 28 septembre au Village des possibles au Mail François Mitterrand de 14h à 18h pour une animation compostage : jeux pour petits et grands, sensibilisation, conseils, documentation... le compostage n'aura plus de secret pour vous !!

Cette animation est organisée et animée par nos bénévoles. Si vous souhaitez y participer, n'hésitez pas à nous contacter -> 09 83 70 32 47

Plus d'infos sur le Village des possibles : https://www.facebook.com/events/2280786765504859/

A très vite !

Les cartes collaboratives OpenStreetMap sont de plus en plus utilisées par les collectivités publiques, les entreprises et de nombreuses applications sont aujourd'hui disponibles sur téléphone portables, tablettes .. mais elles restent peu connues.

Voici une présentation de quelques unes d'entre elles qui peuvent vous apporter des services utiles au quotidien.

Un article rédigé avec Louis-Julien de la Bouëre, co-président d'OpenStreetMap, suite à une discussion au petit déjeuner lors des rencontres Co-construire 2019 à Tournai

Géovélo
  • Site web et appli mobile

L'application fonctionne comme un véritable GPS : en activant la géolocalisation, nous vous guidons en temps réel lors de vos trajets.

disponible sur

avec des textes extraits de l'application en ligne

Itinéraires

Calculez des itinéraires adaptés à votre pratique du vélo : du parcours le plus rapide au plus sécurisé. L'application choisit en priorité les pistes, les bandes cyclables et les rues peu passantes pour vous assurer confort, sécurité et tranquillité.

A la fin de vos déplacements, retrouvez également les disponibilités des stations vélos en libre-service ainsi que la géolocalisation des parkings spécifiques aux deux roues.

Une application qui vous invite à collaborer

Si vous découvrez une erreur cartographique, un aménagement urbain qui n'a pas été mis à jour ou encore des problèmes de voirie, vous pouvez le signaler directement sur l'application et contribuer à l'amélioration de Geovelo et des données OpenStreetMap

Transportr : comparateur d'itinéraires en transport en communs
  • Appli mobile

https://transportr.app/

Une application non marchande pour faciliter l'usage des transports en communs


affiche les différentes étapes de votre déplacement

Visorando : préparer et partager ses randos
  • Site web et appli mobile

https://www.visorando.com/

Chercher une randonnée

Tracez vos circuits sur carte OpenStreetMap
Vous avez une idée de randonnée ? Tracez-la avec notre logiciel de randonnée. Et emportez-la avec vous en randonnée.

Parmi les derniers itinéraires
Les balcons de Roanne

L'application sur

Maps.me
  • Appli mobile

Vous voulez vous passer de G**** Maps ? Voici une belle alternative qui fonctionne également hors-ligne et bien. Vous pouvez donc télécharger des cartes dans votre téléphone et partir au milieu des montagnes ou à l'autre bout du monde sans soucis.

Des cartes hors ligne
Cartes hors ligne gratuites, d'accès rapide et gratuit avec navigation virage par virage — utilisées en toute confiance par plus de 100 millions de voyageurs dans le monde entier.

Des itinéraires
Maps.me vous propose de construire vos déplacements en voiture, à pied, en transport en commune ou à vélo !

L'application sur

OSMand GPS hors ligne
  • Appli mobile

https://osmand.net/

L'application sur

Qwantmaps

https://www.qwant.com/maps

  • Site web accessible sur mobile

Qwant Maps est un service de cartographie en ligne français qui comme tous les autres services de Qwant respecte la vie privée de ses utilisateurs. Qwant Maps se veut être une alternative en accord avec les valeurs françaises et européennes

Qwant Maps est une application Open source qui utilise comme fond de carte la carte coopérative OpenStreetMap. Cela permet à Qwant de disposer d'un fond de carte régulièrement mis à jour par les contributeurs d'OpenStreetMap. En même temps Qwant Maps propose à chacun de ses utilisateurs de découvrir le projet et d'y participer.
Contrairement aux autres services de cartographie en ligne Qwant Maps a pour particularité de ne récolter et d'analyser aucun historique de déplacements. Le service est disponible depuis tous les navigateurs et devrait prochainement être disponible sous forme d'application mobile. (voir Wikipédia)

Gogocarto
  • Site web accessible sur mobile

https://gogocarto.fr/projects

GoGoCarto est une application web libre et ouverte pour créer vos propres cartes collaboratives. Des cartes pour montrer vos réseaux, vos initiatives, vos adhérents, etc.

Ce logiciel a été développé pour le projet "Près de chez Nous", qui consiste à référencer les projets alternatifs en France : alimentation/éducation/santé, etc.c

GoGoCarto est configurable à souhait et prêt à être utiliser par qui veut créer sa propre carte, avec ses propres données, catégories, règles de modération, configurations, etc.

- Site web : https://gogocarto.fr/projects
- Les tutoriels en vidéos

Umap
  • Site web

http://umap.openstreetmap.fr/fr/

uMap permet de créer des cartes personnalisées sur des fonds OpenStreetMap en un instant et les afficher dans votre site.

  • Choisir les fonds pour votre carte
  • Ajouter des points d'intérêt : marqueurs, lignes, polygones...
  • Choisir la couleur et les icônes
  • Gérer les options de la carte : afficher une minicarte, géolocaliser l'utilisateur...
  • Import des données géographiques en masse (geojson, gpx, kml, osm...)
  • Choisir la licence de vos données
  • Exporter et partager votre carte

Et c'est open source !

Openfuelmap

Carte comparative des prix des carburants.

  • Site web accessible sur mobile

https://openfuelmap.net

Trouver la bonne station service sur son trajet peut être compliqué. Avec OpenFuelMap, visualisez en un coup d'œil les prix des carburants autour de vous, et trouvez la station proche de votre trajet au prix le plus attractif !

Streetcomplete

via le wiki d'OpenStreetMap

  • Appli mobile

Vous utilisez maintenant tous ces services et vous voulez aider la communauté OpenStreetMap, contribuer de manière ludique en promenade ou quand vous avez 5 minutes à l'arrêt de bus ?

Streetcomplete vous propose de compléter la carte autour de vous grâce à de petits défis simples qui vous demanderons seulement de regarder autour de vous. Vous êtes guidé dans vos observations. C'est simple, facile et utile à tout le monde.

La fête des Possibles c'est une fête nationale pour cheminer vers un monde plus juste, plus écolo, plus humain. Venez à la rencontre d'« artisans de la vie » qui contribuent, au quotidien, chez nous, à faire grandir ce chemin.

Vendredi 13 septembre, Cinéma Le Bretagne à 20H30, projection du film « Artistes de la vie » suivi d'un échange : « Faire de sa vie une oeuvre en choisissant sa voie, c'est possible ? »

Dimanche 15 septembre à partir de 10h à l'espace Racine : la journée des possibles, avec :

Atelier cuisine « Du jardin à l'assiette » : des experts du potager, jardiniers de Culture en herbe, vous proposent de concocter des recettes du quotidien avec les légumes du jardin, à 10h, sur inscription ( edith.jan@orange.fr ou transitionetsolidarites@gmail.com)

Atelier « Rocket stove » : Préparation d'une ratatouille géante et découverte du fonctionnement du rocket stove (Poële à bois fabriqué avec des matériaux de récupération) avec l'Écolieu Padus (asso Buzug&co) à partir de 10h.

Balade à la découverte des plantes sauvages comestibles : Armelle et Matthieu vous emmènent en balade pour découvrir les plantes de nos chemins qui se mangent. Petite dégustation à l'arrivée ! Départ à 10h30

Atelier photo sténopée ou comment faire des photos sans appareil ! (de 10h à 15h, sur inscription transitionetsolidarites@gmail.com)

Repas et dégustations partagés à midi

Atelier « nutrition et santé » : Manger ou ne pas manger, telle est la question ! Faut-il jeûner pour rester jeune ? À 15h, sur inscription ( transitionetsolidarites@gmail.com)

Marché des possibles à partir de 15 h : essai et découverte de vélos électriques, rencontre et échanges avec des producteurs locaux, stand de découverte sur la monnaie locale : l'Héol

Avec Culture en herbe, Cinéma Le Bretagne, Ecolieu Padus (asso Buzug&co), Iroise Transition.

Découvrez ou redécouvrez la carte collaborative des producteurs locaux, réalisée par le Conseil de développement. Cliquez sur la carte et entrez de nouvelles données qui seront vérifiées par le groupe de travail "Alimentation" du Conseil de développement. Le guide des producteurs locaux version papier est à disposition de tous au 3 Rue Charles Sillard, Redon.

Aux rencontres Co-construire qui se déroulent du 28 au 30 octobre à Tournai un atelier à travaillé sur la coopération ouverte et le partage sincère pour une convergence des transitions].

Cet appel de Tournai est l'une des 4 entrées produites par le groupe à côté de récits pour un monde désirable, des retours d'expérience qui nous éclairent et du pourquoi et du comment de cette convergence des transitions sous le signe de la coopération ouvert et du partage sincère.

Ces documents seront prochainement disponibles dans les productions des rencontres.

Le texte ci-dessous est une version 0 issue directement du groupe de travail qui évoluera suite aux remarques reçues à Tournai et ailleurs.

Nous voici confrontés à une urgence climatique qui menace la survie même des sociétés humaines sur Terre. Dans ce monde qui ne peut plus fonctionner comme avant, le pire peut arriver : les crises écologiques accélèrent la montée des inégalités les replis sur soi. Il nous faut relier transition écologique, transition sociale et transition démocratique pour inventer de nouvelles façons d'être et de vivre ensemble, pour imaginer des futurs désirables.

Depuis des dizaines années, les acteur.ice.s du libre, des solidarités et de l'écologie s'attachent chacun.e à développer des alternatives. Aujourd'hui nous disposons d'outils et méthodes libres pour coopérer, d'une longue histoire de luttes contre les inégalités sociales, de connaissances scientifiques et pédagogiques sur les enjeux écologiques. Mais ces mondes peinent à partager et agir ensemble.

Face à l'urgence climatique nous proposons aux un-es et aux autres de faire un pas vers une coopération ouverte et un partage sincère.

  • L'urgence ne nous permet plus d'attendre, il n'est pas possible de réinventer chacun dans son coin. Le partage sincère c'est permettre aux autres de réutiliser ses contenus de formation, ses techniques d'animation, ses retours d'expérience et ne pas les garder pour soi ou son groupe.
  • Agir ensemble demande une confiance, une ouverture à l'autre qui reconnaît, en humilité les compétences, les savoir faire de chacun.e.
  • Le vivre ensemble des futurs désirables demande un changement de posture où nous enrichissons de la diversité de nos pratiques de nos histoires, nous démultiplions nos forces en transition.

Cet appel de participants à la rencontre co-contruire 2019 propose aux acteur.ice.s du libre, des solidarités et de l'écologie cette posture (nous changeons notre façon d'être et de fonctionner), cette bannière (nous l'affirmons) du partage sincère et de la coopération ouverte.

Nous faisons le choix d'un fonctionnement en archipel qui croise et relie sans nécessité d'un centre qui représente et concentre les luttes de pouvoirs qui nous sorte des impasses de gouvernements par le haut actuels
Les outils, les compréhensions, les valeurs de solidarité, de sobriété sont là, apprenons à coopérer en partage sincère.

à poursuivre en améliorant le texte et le faisant vivre de nos rencontres et de nos vécus en territoires de convergence

ou comment (apprendre à) faire ensemble pour créer de la résilience sur nos territoires

Les acteurs de la transition énergétique et sociétale en Pays de la Loire
vous invitent à une journée pour partager, échanger et faire

Mercredi 27 novembre 2019

Salle des fêtes à Blain

9h00-17h00

Collectivités, collectifs d'habitants, d'agriculteurs et d'entreprises,

cette journée est pour vous, pour nous !

Un article repris d'un mél diffusé par le Collège des Transitions sociétales des Pays de Loire

Face aux enjeux énergétiques, écologiques et sociétaux, la vision d'un système énergétique décentralisé et basé sur les énergies renouvelables fait de plus en plus consensus. Ceci dit, la mise en œuvre reste difficile, par nature même de ces énergies (intermittentes, déphasées entre la consommation et la production, parfois prégnantes dans le cadre de vie…), pour des raisons administratives et règlementaires, mais aussi pour des questions de représentations d'un modèle (dé)passé, de captation de la valeur ajoutée, sans oublier les groupes de pression et le manque d'implication de la société civile.

Dans ce contexte, et dans une temporalité très courte (environ 10 ans) annoncée par la communauté scientifique internationale, nous avons une responsabilité partagée de faire émerger de nombreux projets d'énergies renouvelables, projets pertinents et fédérateurs.

Comment alors "faire ensemble" sur nos territoires de vie ? Quelles modalités de coopération entre acteurs publics et société civile (habitants, entreprises, agriculteurs) ? Comment aller au-delà des jeux d'acteurs pour créer du bien commun ? Comment aller au-delà de l'incantation à coopérer pour créer du « collectif politique territorial » ?

Cette journée propose d'explorer ensemble différentes dimensions de la coopération autour des projets d'énergies renouvelables, sur la base de projets existants, et de formuler quelques préconisations pour favoriser le développement à plus grande échelle de ces projets.

Cette journée s'adresse aux porteurs de projets, aux collectifs citoyens, aux élu.e.s et services de collectivités, aux entreprises, et plus généralement ... aux générations futures déjà présentes.

Programme (à venir)
Pour s'inscrire (à venir)

un article repris du site de Vert le jardin

Ecocentre de la Taupinais, la Prévalaye, à Rennes
de 14h à 22h

Le collectif de la Basse Cour, avec plein de partenaires de l'agriculture, du patrimoine... vous proposent une nouvelle fête, autour du pain et des céréales.

Au programme, notamment :
des ateliers fabrication et dégustation, pour réaliser des recettes inédites ou des grands classiques, avec notamment un concours de pains du monde,
des conférences et promenades agroécologiques, pour brosser le portrait d'initiatives rurales ou aux abords de notre ville.
un marché où flâner, manger, du champ à l'assiette.
des concerts et exposition.

Prix libre

Un articlerepris du site de Vert le jardin

Halle Martenot - Rennes
de 10h à 18h

Les biocoop Scarabée vous proposent cette année de découvrir toutes les facettes de la bio en passant par les différentes pièces d'une maison, et d'en rencontrer les habitants. Dans 5 espaces (cuisine, salon, salle de bain, jardin, garage), vous seront proposés ateliers, mini-cours, trucs et astuces, dégustations, et rencontres.

Vert le Jardin vous conseillera sur le compostage et jardinage au naturel.

Retrouvez le programme ici.

Gratuit, ateliers sur inscription

Plus de 500 personnes s'étaient rassemblé dès 9h devant le Tribunal administratif ce jeudi 22 août pour soutenir Daniel Cueff, le maire de Langouët, suite à son arrêté interdisant l'usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations ou locaux à usages professionnels. Parmi eux des habitants, des adhérents d'associations ainsi que plusieurs élus locaux venus défendre la légitimité d'un maire à protéger la santé de ses habitants. L'audience a duré 1 heure ; chaque partie a pu faire part de ses arguments.

Un articlerepris du magazine Bruded, un site sous licence CC by sa

Les arguments de l'Etat

La Préfecture estime illégal l'arrêté municipal pour deux principales raisons :

La législation sur les pesticides relève d'un pouvoir spécial de l'Etat qui a été confiée au Ministère de l'agriculture ainsi qu'aux Ministres de la Santé ou de l'Environnement sur certains aspects de la Loi. Le maire ne peut s'y substituer.

Si le maire dispose bien d'une compétence de police générale visant à “assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques“, le maire de Langouët ne justifie pas d'un risque d'insalubrité compte-tenu que :

  • l'échantillon des habitants ayant réalisé des analyses de présence de pesticides dans les urines est faible, “32 habitants sur 602”
  • Il n'existe pas de “valeur de référence” de pesticides dans les urines ou dans le sang (donc de teneur au-delà delaquelle un risque sanitaire serait reconnu)
  • Il n'existe pas d'effets sanitaires avérés sur les habitants de Langouët

Par ailleurs, elle estime que :

l'homologation des pesticides intègre déjà des mesures de protection des riverains, exigeant des distance de sécurité de “2 à 10 m pour certains produits”, tel que l'indique la note du 14 juin de l'ANSES
la loi Egalim qui doit rentrer en vigueur au 1 janvier 2020 intègre déjà de nouvelles mesures visant à protéger les riverains. Elle doit se traduire par un décret et un arrêté d'application “qui sont en cours de rédaction“

Les arguments du Maire

Le Maire estime que l'on est face à une carence avérée de l'Etat et à une légitimité de l'action locale aux motifs suivants :

Si des décrets et arrêtés d'application de la Loi Egalim pour protéger les riverains sont en cours de rédaction, ils ne sont pas opérationnels de fait actuellement
L'Etat a dix ans de retard dans la transcription en droit français d'une directive européenne visant à protéger les populations et l'environnement datant de 2009
- Le plan Ecophyto 2008-2018 qui visait à réduire de 50% la charge phytosanitaire en 10 ans est un échec comme le constate un rapport du Ministère de l'agriculture. Au contraire elle a augmenté de 20% et ce malgré 360 millions d'euros dépensés
Le code général du code des collectivités territoriales indique que “la police municipale […] comprend notamment […] le soin de réprimer […] les projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté“
Les analyses d'urine d'un certain nombre d'habitants, y compris d'enfants de moins de 6 ans qui mangent bio à l'école comme à la maison, est préoccupante tant la teneur est élevée, dépassant jusqu'à 30 fois la teneur autorisée dans l'eau du robinet

Par ailleurs il estime que :

Les effets négatifs des pesticides sur la santé à long terme sont avérés par de nombreux rapports et études scientifiques émanant du Ministère de la Santé ou d'instituts publics (INSERM…)
- De même la réalité de transfert de molécules dans l'air par évaporation est avérée

Le maire s'est défendu d'avoir pris un arrêté “anti-pesticides” mais juste “des mesures visant à éloigner la distance de pulvérisation des habitants” et souhaite “travailler avec les agriculteurs pour les accompagner dans une transition de leur modèle agricole plus respectueux de la santé et de l'environnement“.

Le Président du Tribunal a indiqué que l'affaire était mise en délibéré. Les conclusions du Tribunal devrait sortir d'ici une semaine.

Pour voir l'arrêté

Le projet Toutenvélo est né en 2009 par le regroupement de deux entrepreneurs ayant la volonté de développer un service de transport à vélo.
Le souhait des 2 créateurs, démocratiser la mobilité décarbonée en centre urbain, notamment par la démonstration de la pertinence du vélo comme outil de transport de charges.

Après 3 années d'activités et compte tenu de son évolution, de nouveaux besoins se font sentir : la mise au point de remorques adaptées et de la main d'œuvre supplémentaire.

C'est dans ce contexte qu'est créée la SCOP Toutenvélo, en 2012. Opérateur spécialisé dans la logistique urbaine du dernier kilomètre1, Toutenvélo propose des services de livraison de colis, courses rapides et de déménagements à vélos – remorques. La structure a également élargi ses activités avec la fabrication et la vente de remorques utilitaires pour les professionnels.

// Date et lieu de la formation : jeu. 5 Décembre 2019 à Monteneuf (56) //

Qu'est-ce que le RGPD ?

L'acronyme RGPD signifie « Règlement Général sur la Protection des Données ». Le RGPD encadre le traitement des données personnelles sur le territoire de l'Union européenne.

Ce nouveau règlement européen, entré en vigueur le 28 mai 2018, s'inscrit dans la continuité de la Loi française Informatique et Libertés de 1978 et renforce le contrôle par les citoyens de l'utilisation qui peut être faite des données les concernant.

Le RGPD s'applique à toute organisation, publique et privée, qui traite des données personnelles pour son compte ou non, dès lors :
qu'elle est établie sur le territoire de l'Union européenne ;
que son activité cible directement des résidents européens.
De fait il s'applique aux acteurs économiques et sociaux, les entreprises bien sûr mais donc aussi les associations, les fondations, les administrations, les collectivités...

Objectifs
Prendre les mesures et prévoir les actions à mettre en oeuvre dans sa structure pour satisfaire aux exigences du RGPD.

Programme

  • RGPD, données personnelles : définitions
  • Comment se mettre en conformité ?
  • Registre de traitement des données
  • Obligations et obtention du consentement des personnes
  • Étude de cas pratiques

Moyens pédagogiques et techniques
Alternance d'apports théoriques et de temps de synthèse par la pratique

Date et lieu
Jeudi 05 déc. 2019

Association Les Landes
1 Rue des Menhirs
56380 Monteneuf

Afficher une carte plus grande

Public
Responsables associatifs, responsables de structures accueillant du public, salariés de collectivités territoriales

Suivi et évaluation
Les évaluations des acquis se font lors d'ateliers pratiques...
Des temps d'échange collectif sont mis en place et un questionnaire individuel est complété par les participants en fin de formation.
Une feuille d'émargement est signée par les stagiaires participants.
Une attestation de formation est remise à l'issue de la formation.

Intervenant
Jean-Marc Briand

Tarifs
Salariés dans le cadre de la formation professionnelle continue : 175 euros/jour (prise en charge par les fonds de formation).
Individuels et bénévoles : tarif adapté à votre situation, contactez le secrétariat de l'UBAPAR : ubapar@ubapar.bzh.

Renseignements sur la formation :
Jean-Marc Briand
Tel : 0230.02.22.56

Fiche de présentation

Fiche d'inscription

Fiche d'inscription

(pdf remplissable à télécharger)

Une brève reprise du site de Bruded, une publication sous licence CC by sa

une photo de Laureline reprise de commons

Suite à son arrêté municipal d'interdiction d'utilisation des pesticides à moins de 150 mètres des habitations,et après avoir refusé de répondre favorablement au recours gracieux de la Prefecture qui lui enjoignait de retirer son arrêté, Daniel Cueff, maire de Langouët est convoqué devant le Tribunal administratif de Rennes le 22 août.

+d'infos sur Langouët (35)
En savoir plus
repris ci-dessous :

Mi-mai 2019, la municipalité de Langouët a décidé de prendre un arrêté interdisant l'usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations ou locaux à usages professionnels.

Du glyphosate dans le sang des habitants

Le 4 mai, l'association PIG BZH (pisseurs et pisseuses involontaires de glyphosate de Bretagne) avec le concours de la municipalité avait organisé une campagne d'analyse d'urine auprès des habitants visant à détecter la présence de la molécule de désherbant. 36 particuliers y avaient participé, la majorité habitant Langouët. Parmi eux, deux enfants de 5 et 6 ans. Tous les tests se sont avérés positifs, avec des taux variant de 0,47 à 3,18 ng/ml. S'il n'existe pas de norme de pesticides dans le sang, il en existe une pour l'eau destinée à la consommation humaine : 0,1 ng/ml. Les résultats des tests se sont donc avérés de 4 à 31 fois supérieurs à la contamination acceptée pour l'eau potable. Une contamination d'autant plus surprenante que la municipalité est en “zéro phyto” pour l'entretien de ses espaces publics depuis 2000, que sa cantine est 100% bio locale depuis 2004 et que certains des habitants ayant participé aux tests mangent bio à la maison.

Protéger les habitants

Le 18 mai 2019, afin de protéger ses habitants des dérives de pesticides épandus, le maire de Langouët a décidé de prendre un arrêté interdisant l'utilisation de pesticides (à l'exception des produits à faible risque qui ne font pas I'objet de classement toxicologique et des produits autorisés en agriculture biologique) “à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d'habitation ou professionnel”. “Cette distance est réduite à 100 mètres dans les cas suivants :

1) Existence d'une haie anti-dérive continue en bordure de la parcelle traitée, de nature à limiter les transferts de produits phytopharmaceutiques par dérive de pulvérisation […]

2) Ou utilisation de moyens matériels permettant de diminuer d'au moins 66% les risques de dérive par rapport aux conditions normales d'application des produits […]”

Réaction de la Préfecture

La Préfecture a, dans un premier temps, émis un recours gracieux demandant au Maire de Langouët de retirer son arrêté. Elle estime qu'un maire est dans son rôle quand il exerce un pouvoir de police dans le domaine de la salubrité publique, comme écrit dans le Code général des collectivités territoriales. Mais que « l'utilisation des produits phytopharmaceutiques relève d'un pouvoir de police spéciale confiée au ministre chargé de l'agriculture ». Le maire peut intervenir au titre de ses pouvoirs de police générale si cette intervention est justifiée par des circonstances particulières locales ou en cas de péril imminent. La Préfecture estime que cela n'est pas démontré dans le cas présent.

Tribunal administratif le 22 août à 9h30

Suite au refus argumenté du maire de Langouët de retirer son arrêté (cf réponse ci-dessous), la Préfecture a décidé de le convoquer devant le tribunal administratif de Rennes le 22 août à 9h30. Au-delà des considérations purement juridiques, force est de constater que la mesure bénéficie d'un fort soutien populaire, en témoigne les nombreux messages de soutien et les deux principales pétitions (change.org et mesopinions.com) qui ont recueilli à ce jour plus de 132 000 signatures (au 13/08).

Je viens de réaliser une première collecte des sites en Bretagne (et 44) qui autorisent la réutilisation de leurs contenus. Et il faut bien se rendre compte que l'interdiction est la règle générale choisie par les municipalités, les départements et la région. [1]

Sur les 129 sites mis en partage recensés dans cette collecte, je n'ai trouvé que 5 communes : Brest, Lanester, Plouider, St Urbain et St Médart en Ille à autoriser une réutilisation de leurs contenus.

Une mention particulière pour Brest où une série de sites contributifs ouverts à tous en écriture a-brest, eco-sol-brest, solinter-brest, territoire-responsable-brest et egalite-femmeshommes-brest sont proposés en licence par défaut CC by sa.

A ma connaissance, ayant été élu local au numérique à Brest durant 19 ans, mettre ces contenus en partage n'a jamais posé problème alors que des dizaines de milliers de contenus ont été publiés depuis plus de 15 ans.

Au contraire l'usage d'une licence Creative Commons qui élargit les libertés d'usage en explicitant les conditions du partage facilite une rediffusion des contenus publiés et augmente la visibilité des contenus du site et donc des initiatives de la collectivité et acteurs du territoire.

Pourtant une fermeture largement présente

Lorsque vous consultez les menions légales d'une collectivité, communauté d'agglomération vous tombez en général sur une mention d' interdit et de menace telle celle d'une grande collectivité de Bretagne :

Toute reproduction, représentation, utilisation ou modification, par quelque procédé que ce soit et sur quelque support que ce soit, de tout ou partie du site, de tout ou partie des contenus qui le composent, sans avoir obtenu l'autorisation préalable de la Ville de .... , est strictement interdite et constitue un délit de contrefaçon.

contrairement à l'ouverture en domaine public des services de l'état

Pardoxalement, la règle pour les documents publics de l'état est qu'ils relèvent du domaine public et sont donc librement réutilisables comme le rappelle par exemple le site Interactik sur le numérique éducatif dans l'académie de Rennes

"Depuis la publication de l'ordonnance n° 2005-650 du 6 juin 2005 relative à la liberté d'accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques, ces informations peuvent être réutilisées à d'autres fins que celles pour lesquelles elles ont été produites, et particulièrement les informations faisant l'objet d'une diffusion publique.

Les documents publics ou officiels ne sont couverts par aucun droit d'auteur et peuvent donc être reproduits librement."

mentions légales d'Interactik

Alors pourquoi cette politique d'interdiction des collectivités ?

Je n'ai pas de réponse satisfaisante ..

Il y a l'habitude d'enfermer, de garder pour soi de qui est produit par la collectivité alors que c'est écrit très souvent par des agents publics et que sont des informations publiques qui ne demandent qu'à être connues. On retrouve ici cet "apprendre à cacher notre copie" que beaucoup d'entre nous ont appris à l'école.

Il peut y avoir la crainte d'un mésusage, ou le sens du contenu serait détoruné. Mais l'élargissement des libertés d'usage ne réduit pas le droit moral qui interdit le plagiat et le détournement (hors parodie). Et parmi les licence Creative Commons il y en a une, CC by nd qui autorise la seule reproduction à l'identique du contenu.

La crainte d'un usage commercial ? J'ai un peu de mal à voir quel type de contenu produit par une collectivité pourrait faire l'objet d'un usage commercial. Mais ce risque (très peu probable, en connaissez-vous un exemple ?) peut être écarté par l'usage de la clause nc (non commercial) des licences Creative Commons (CC by nc , CC by sa nc ou CC by nd nc).

la délégation aux développeurs de site qui par habitude, par culture de la propriété choisisse de réaffirmer dans les mentions légales, le droit d'auteur le plus restrictif sans faire l'objet d'une discussion sur le fond avec la collectivité. [2]

L'inertie des services juridiques des collectivités qui bloquent souvent les démarches d'ouverture, par non connaissance, mais aussi souvent par idéologie, peux être un travail de formation pour le CNFPT, les associations professionnelles ?

Les obligations légales d'ouverture pour les collectivités ne concernent actuellement que les données et pas les oeuvres (contenus) et on doit s'en remettre à l'ouverture volontaire...

Et enfin l'absence de culture des élus et directeurs de collectivités sur les questions de droits d'usage élargis. Partager, agir en coopération ouverte ne font pas partie de la culture dominante des collectivités locales.

Une fermeture questionnée par la coopération ouverte et la compostabilité des projets

Elu local (1995-2014), j'ai appris l'intérêt de la coopération ouverte qui permet de "faire avec", "en attention à" et "donne à voir" en transparence (voir à ce sujet "Premier pas vers une gouvernance contributive" ).

Petit à petit la coopération ouverte qui partagent non seulement au sein du groupe mais avec le monde se diffuse (voir par exemple le colloque sur la pédagogie dans l'enseignement supérieur qui avait pour thème la coopération et la conférence "La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées et conférence en ligne à QPES 2019".

Mais c'est surtout la crise du monde confrontée à un avenir incertain face au changement climatique qui révèle une question fondamentale : à quoi servent nos idées, nos projets, qu'en restera-t-il au delà de nous ?

Si nous comprenons que nous devons apprendre à mieux utiliser les matières premières, à préserver la planète pour nos enfants mais qu'en est-il de nos idées ? des contenus que nous produisons ?

Ces questions posées par Laurent Marseault et Romain Lalande dans l'article "La compostabilité : pour un écosystème de projets vivaces" publié par Vecam nous interpelle chacun.e comme citoyen-ne du monde.

Pourquoi si l'initiative d'une collectivité aide à atterrir vers cette transition indispensable ne pas en encourager le partage et la diffusion ?

Avons nous encore le temps de faire chacun pour soi, en compétition face à l'urgence des crises que traverse notre monde ? ou au contraire apprendre à coopérer entre humains quelque soit notre place .

Les collectivités locales n'ont-elles pas une place essentielle pour encourager, accompagner un apprendre à vivre autrement qui s'appuie sur la coopération ouverte et auquel des milliers de personnes aspirent sur nos territoires ?

Bien sur ouvrir et partager ses contenus n'est qu'un tout petit pas pour la transition mais le partage et la coopération ouverte sont aussi un changement de posture.

Merci à celles et ceux qui auraient des arguments ou contrarguments sur cette ouverture et à l'indication de sites non pris en compte dans cette première collecte sur l'annuaire des contenus mis en partage en Bretagne (et 44) ou de me les indiquer pour que je le fass.

Mihel point briand at imt-atlantique.fr

Si vous en connaissez d'autres merci de les rajouter à .

[1] une analyse concernant les associations et organismes de service publics suivra.

[2] Dans l'exemple du Médiablog coopératif l'expérience a montré que la majorité des sites de lycées et collèges faisaient le choix d'autoriser une réutilisation dès lors que la l'animatrice du projet avait expliqué les choix possibles

Les Marais salants de Guérande sont parfois cités comme un exemple de « Communs » encore en activité aujourd'hui. Le magazine Bastamag leur avait ainsi consacré en 2016 un article très complet, signé par Nolwenn Weiler et intitulé : « Un bien commun sauvé du béton et créateurs d'emplois : les marais salants de Guérande ».

On y apprend notamment que les Marais salants ont failli disparaître au début dans années 60-70, à cause de projets d'aménagements visant à développer le tourisme balnéaire et qu'ils n'ont pu survivre que grâce à une forte mobilisation locale, qui n'est pas sans rappeler des luttes comme celle du plateau du Larzac ou, plus proche de nous, l'opposition à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Sur la question du lien avec les Communs, l'article de Bastamag contient un passage en particulier qui avait piqué mon attention. On comprend en effet que la journaliste a demandé à des paludiers (nom donné aux artisans qui travaillent dans les marais pour récolter le sel) s'ils se reconnaissaient dans cette appellation des Communs et leur réponse traduit visiblement une certaine perplexité :

Les marais salants de Guérande sont souvent cités comme une référence de « communs », ces biens gérés collectivement comme les « incroyables comestibles », les nappes phréatiques, ou encore … Wikipédia. Étonnés, certains paludiers soulignent que les marais appartiennent à des propriétaires privés, même si une partie des œillets ont été rachetés par un groupement foncier agricole (GFA) dans les années 1970.

En effet, les exploitants dans les Marais sont propriétaires de parcelles – appelées « oeillets » – servant de bassins de décantation où le sel vient se cristalliser (les paludiers peuvent également être métayers et travailler pour un propriétaire foncier leur louant les oeillets) ; le sel récolté dans les salines est aussi une propriété privée dès l'origine appartenant aux paludiers ; et au final, cette ressource est commercialisée, soit à travers une coopérative rassemblant les deux tiers des exploitants à Guérande, soit directement par les paludiers lorsqu'ils ont choisi de rester indépendants.

Du sel séchant sur les bords des fameux « oeillets » où les paludiers récoltent leur production (image par LucasD. Source : Wikimedia Commons)

D'un bout à l'autre de la chaîne, il semble donc n'y avoir que de la propriété privée et si les Communs sont d'abord des « ressources partagées », il paraît difficile de voir en quoi l'exploitation du sel dans les Marais de Guérande relève du paradigme des Communs. Le cadre conceptuel dégagé par Elinor Ostrom pour analyser les CPR (Common Pool Resources) – pêcheries, forêts, pâturages ou systèmes d'irrigation – semble inadapté, car il implique des formes plus ou moins développées de propriété collective (Common Property Systems).

Ayant eu l'occasion de visiter récemment les Marais de Guérande et de me documenter sur la question, je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'un cas particulièrement intéressant à considérer. Il s'inscrit bien à mon sens dans le champ des Communs, mais pour des raisons qui ne sont pas faciles à saisir au premier abord. Pour les appréhender, il faut dépasser certaines simplifications de la théorie des Communs qui les présentent sous la forme du tryptique classique : « ressource partagée + communauté d'utilisateurs + règles de gouvernance ». Par ailleurs, l'exemple des Marais salants de Guérande donne aussi l'occasion d'évoquer d'autres auteurs qu'Elinor Ostrom, qui essaient de penser les Communs sous la forme de « milieux » rassemblant un ensemble d'acteurs – humains et non-humains – unis par des liens d'interdépendance.

Une présentation classique des Communs sous la forme d'un tryptique, que j'ai tendance à appeler aujourd'hui « la Vulgate des Communs » à cause de son caractère réducteur (même si cette simplification garde un intérêt pédagogique).

L'importance d'identifier le « système de ressource »

Une première chose qui gène l'appréhension des Marais salants comme un Commun est la difficulté à identifier clairement ce qui constitue ici la « ressource ». S'agit-il par exemple du sel extrait des bassins ou des oeillets eux-mêmes ?

En réalité, il faut élargir la focale pour arriver à comprendre les salines comme formant ce qu'Elinor Ostrom appelle un « système de ressource ». Dans ses analyses sur les Communs (notamment son modèle IAD pour Institutionnal Analysis and Development), Ostrom explique en effet qu'il importe de décomposer la « ressource » en deux éléments distincts : les « unités de ressources » qui vont être prélevées par les utilisateurs et forment un flux, à distinguer du « système de ressource » qui produit ces unités et forme un stock renouvelable. Dans le cas d'une pêcherie par exemple, un lac va constituer le système de ressource dans lequel des pêcheurs vont prélever des poissons compris comme des unités de ressource.

Pour les Marais salants de Guérande, le système de ressource dépasse les seuls bassins (les « oeillets ») possédés à titre privatif par les paludiers, car l'eau de mer est acheminée dans les salines via des canaux (appelés « étiers ») et suit un circuit complexe dans lequel l'eau subit un certain nombre d'opérations de purification et d'évaporation, afin d'en augmenter progressivement la salinité jusqu'à la cristallisation finale dans les oeillets. A chaque marais montante, les étiers apportent de l'eau depuis la mer pour remplir les vasières et les cobiers qui desservent ensuite une ou plusieurs salines (voir ci-dessous).

Schéma d'une saline, Par Alexandrin. Licence GFDL. Source : Wikidia.

A cette échelle, les questions de propriété deviennent déjà plus complexes. En effet, les vasières et cobiers font l'objet d'une propriété commune par les tenants de la ou des salines qu'ils desservent, avec une quote-part établie au proprata du nombre d'oeillets possédés. Par ailleurs, les étiers (canaux d'alimentation) – qui sont au nombre d'une dizaine sur la zone des Marais de Guérande – forment aussi une propriété collective appartenant à l'ensemble des paludiers. Ceux-ci se trouvent donc dans une situation proche de celle des co-propriétaires d'un immeuble qui – outre la propriété privée sur leurs lots respectifs – assument une propriété collective sur des parties communes, entrainant des obligations de participer à leur entretien.

D'autres infrastructures jouent un rôle important pour préserver l'intégrité du système salicole, comme des digues servant à protéger les Marais contre les agressions de la mer. Leur entretien est géré depuis le début du siècle par un syndicat formé par les paludiers eux-mêmes, mais les collectivités locales (région, département) apportent également leur soutien lorsque des dommages trop importants sont causés par les intempéries, comme ce fut le cas lors du passage de la tempête Xynthia en 2010.

Un des digues, ici au village de Sissable, protégeant les Marais salants de Guérande. (Photo Jibi44, CC-BY-SA. Source : Wikimedia Commons).

Le système de ressource est donc ici constitué par cet ensemble complexe d'infrastructures permettant l'acheminement de l'eau de mer jusque dans les salines et les unités de ressource sont les volumes d'eau salée que les paludiers vont prélever afin d'alimenter leurs oeillets. Le cadre « ostromien » est donc jusqu'ici applicable.

Des Communs caractérisés par une faible « soustractibilité »

Il y a cependant d'autres aspects qui éloignent les Marais salants des « Common Pool Resources ». Elinor Ostrom identifie en effet les CPR à partir de deux variables différentes : l'excluabilité (est-il difficile ou non d'empêcher des utilisateurs d'accéder à une ressource ?) et la soustractibilité (la ressource est-elle caractérisée par un haut niveau de rivalité susceptible d'entraîner une compétition dans la consommation ?). Dans la classification économique des différents types de biens, les CPR constituent des ressources marquées par une excluabilité difficile et une forte soustractibilité (exemple des poissons dans la mer ou du bois dans une forêt).

Classification des biens selon Elinor Ostrom.

Les Marais salants ne correspondent pas exactement à cette description des CPR, car la ressource ici gérée – à savoir l'eau de mer salée suivant le circuit des canaux et bassins – n'est pas réellement affectée par un phénomène de rareté. On n'est pas dans la même situation qu'un système d'irrigation relié à une nappe phréatique (cas étudié par Elinor Ostrom), où les prélèvements des utilisateurs sont susceptibles d'assécher la réserve. Dans les marais salants, les vasières sont alimentées à chaque marée montante par les étiers et leur contenance est calculé de manière à pouvoir desservir les salines auxquelles elles sont reliées. L'eau que prend un paludier pour alimenter ses oeillets ne va donc pas « priver » ses voisins du bénéfice de la ressource. Il n'y a pas non plus de risque réel que les marées soient insuffisantes pour remplir les vasières et la ressource peut donc se renouveler d'elle-même à l'infini sans risque réel de « surexploitation ».

D'une certaine façon, les marais salants constituent donc davantage des « biens de club » (excluabilité facile et faible soustractibilité) que des biens communs (ce qui paraît un peu étrange et « déjoue », en un sens, la classification des biens). Ces caractéristiques de la ressource rejaillissent sur la question des choix collectifs auxquels sont confrontés les utilisateurs et sur la gouvernance à mettre en place pour y répondre. Dans un CPR « classique », les utilisateurs doivent faire face à un dilemne social particulier, à savoir que chacun doit accepter de limiter ses prélèvements de manière à ce que la ressource ne soit pas surexploitée et que le stock puisse se renouveler sans que l'on assiste à une « Tragédie des Communs ». Pour ce faire, les utilisateurs fixent ensemble des règles établissant les quantités de ressource pouvant être prélevées et mettent en place un système de contrôles et de sanctions visant à garantir l'effectivité des règles débattues collectivement.

Dans le cas des Marais salants, il n'est visiblement pas nécessaire de fixer ce type de quotas de prélèvement. Tout l'art des paludiers consiste plutôt à actionner des systèmes de vannes (formées par des plaques d'ardoise appelées « kamladur » ; voir ci-dessous) pour réguler le débit de l'eau s'écoulant depuis la vasière dans les bassins suivants. L'opération est délicate, car elle nécessite de prendre en compte de nombreux paramètres comme le vent, la température, l'humidité ou les précipitations et seule une longue expérience permet de connaître la bonne quantité d'eau à faire entrer dans le circuit. Ce sont d'ailleurs généralement les doyens des salines à qui cette tâche est confiée (preuve que les Marais salants sont aussi un « Commun de la connaissance », l'expérience des plus aguerris étant mutualisée).

Le kamladur, point névralgique de la gestion des salines.

Les Marais salants donnent à première vue l'impression de poser moins de questions de gouvernance que d'autres exemples se rapprochant davantage des CPR d'Elinor Ostrom, mais des situations de crise peuvent imposer des décisions complexes à prendre. Ce fut le cas par exemple après le naufrage de l'Erika en 1999, qui faisait courir le risque de polluer les salines avec des eaux souillées par le pétrole. La communauté des paludiers connut alors un conflit, comme le rapporte l'article de Bastamag :

Un travail de titan est alors accompli par les paludiers pour empêcher le pétrole de rentrer dans les œillets. Mais après l'élan collectif de sauvetage, de vives tensions apparaissent entre paludiers. Certains veulent faire du sel à tout prix, d'autres préfèrent encaisser une année sans production, de peur de voir les marais se polluer. « C'était chaud bouillant, se souvient-on dans le pays. Des équipes gardaient les barrages la nuit pour être sûres que les autres n'ouvrent pas les vannes qui laissent passer l'eau de mer dans les étiers. »

On voit que la question des choix collectifs se pose de manière complètement différente pour les Marais salants que pour d'autres Communs côtiers, comme les Prud'homies de pêche que l'on trouve encore dans le Sud de la France. Dans ce cas, les règles fixées par la communauté concernent plus classiquement le prélèvement des poissons et portent sur les périodes et emplacements de capture, la taille minimales des prises, les espèces à ne pas attraper, les méthodes de pêche autorisées ou interdites, etc. On est face à des Communs plus « ostromiens » dans leurs principes de fonctionnement, parce que la question de la « soustractibilité » de la ressource est au coeur du « dilemme » que doit surmonter collectivement la communauté, ce qui n'est pas le cas avec les salines de Guérande.

Un travail commun d'entretien à assurer

Un autre aspect essentiel dans les salines, qui cadre pour le coup assez bien avec les analyses d'Ostrom, est celui du travail à effectuer en commun pour entretenir le système de ressource. Elinor Ostrom insiste sur le fait qu'un système de ressource peut être naturel ou artificiel (ou relever d'une combinaison entre les deux) et que si le stock de ressource dispose d'une certaine capacité à se régénérer, celle-ci peut aussi dépendre d'un travail humain à effectuer. C'est pourquoi elle intègre à ses huit Design Principles (principes de conception) favorisant le succès de la gestion des Communs l'idée d'une réciprocité entre les droits à l'appropriation dont bénéficient les utilisateurs et leurs devoirs à participer à l'entretien du système de ressource :

2A. La congruence avec les conditions locales : les règles d'appropriation et d'entretien sont congruentes avec les conditions sociales locales et environnementales ;

2B. Appropriation et entretien : les règles d'appropriation sont conformes aux règles d'entretien ; la répartition des coûts est proportionnelle à la répartition des bénéfices.

Pour les Marais salants, je suis tombé sur un article très intéressant de 1977, signé par Pierre Lemonnier, qui explique à quel point cette question de l'entretien du système de ressource est cruciale pour sa survie. Il montre en effet que l'écosystème complexe que constituent les Marais est entièrement tributaire d'un lourd travail humain pour être maintenu dans un état permettant la production du sel :

L'écosystème du marais doit être, à un moment déterminé, dans un état donné, tel que son utilisation comme moyen de production soit possible ; or sa dynamique naturelle, si l'homme n'intervient pas, conduit rapidement à une situation défavorable à cette utilisation. Le clapotement de l'eau, les courants violents et les fortes pressions parfois enregistrés (vents de forte intensité lors de marées hautes de vives eaux ou de a grandes marées ») sapent les talus et les digues, ce qui entraîne la création de brèches, peu fréquentes mais susceptibles de menacer l'existence d'une ou plusieurs salines. Étiers et bondres sont sujets à un envasement rapide (25 cm par an) et, par ailleurs, les végétaux qui croissent sur les talus […] tendent à freiner le flot à marée montante, particulièrement pour les canaux les plus étroits. Ces phénomènes affectent essentiellement l'alimentation des vasières : à l'intérieur des réservoirs et des salines, les particules en suspension dans l'eau de mer, ou arrachées aux talus et diguettes, constituent peu à peu des dépôts limoneux ; il en résulte un rehaussement du fond des différents bassins, qui entrave partiellement, voire totalement, la circulation de l'eau ou diminue la capacité de stockage des vasières. Le développement spontané de la flore aquatique […] enraye également la circulation de l'eau ou modifie son ensoleillement et par conséquent ses conditions d'évaporation. Enfin, lorsqu'un bassin est asséché, l'argile qui en forme le fond gonfle et se craquelle, le sol se trouvant ainsi rehaussé.

Ces quelques exemples illustrent la nécessité d'un maintien artificiel des caractéristiques de l'écosystème à l'intérieur d'un faible intervalle de variation.

Une partie de ces travaux d'entretien est effectuée annuellement par chaque paludier sur les parcelles qu'il détient (réfection des « ponts » d'argile qui délimitent les oeillets, arrachage des mauvaises herbes, élimination des algues, entretien des talus, etc.). Mais les « parties communes » des salines ont elles aussi besoin qu'on en prennent soin, notamment les vasières et les étiers, qui nécessitent des travaux réguliers de curetage pour les débarrasser des sédiments s'accumulant au fond. Tous les paludiers sont dépendants du bon entretien de ces infrastructures, car l'eau circule dans les marais par la seule force de la gravité, ce qui nécessite qu'une légère déclivité des sols soit méticuleusement entretenue.

C'est justement à cause des difficultés à organiser ce « travail commun » que les salines de Guérande ont failli disparaître au seuil des années 70. Avant cette date, beaucoup des paludiers étaient des métayers louant leur exploitation à des propriétaires fonciers. Comme l'explique P. Lemonnier, ceux-ci accordaient une rémunération aux paludiers pour qu'ils effectuent les travaux récurrents d'entretien. Mais à cause de la concurrence des salines industrielles du Sud-Est de la France, l'exploitation du sel à Guérande est devenue de moins en moins rentable, décourageant les propriétaires d'investir dans les travaux nécessaires au maintien des infrastructures et les incitant au contraire à vendre leurs oeillets. Petit à petit, les canaux, bassins, talus et autres aménagements indispensables se sont dégradés, entraînant un quasi-effondrement du système tout entier.

Effondrement du nombre des oeillets en activité et des paludiers dans les années 70. Tiré de Saliculture et développement durable : l'exemple de la presqu'île guérandaise, par Jean-Pierre Corlay

Après la mobilisation sociale des années 70, qui a permis le maintien de l'activité en faisant reculer les projets immobiliers visant à bétonner les marais, il a fallu encore 20 ans de patients travaux pour « reconquérir » le territoire et reconstituer progressivement le réseau d'infrastructures nécessaires au fonctionnement des salines. Le point intéressant dans cette évolution, c'est que les travaux collectifs nécessaires pour l'entretien des parties communes ne font plus l'objet de rémunérations versées par des propriétaires. Ils s'exercent aujurd'hui dans le cadre d'une solidarité entre les paludiers qui se rendent tour à tour ces services, comme le retrace l'article de Bastamag :

Formées par secteurs géographiques, et par affinités, les équipes dites « de chaussage » ont en charge l'entretien des salines, et leur remise en état si nécessaire. Elles sont un rouage essentiel du bon fonctionnement des marais, et assurent aux jeunes qui souhaitent s'installer la possibilité de le faire sur des lieux en friche. Personne n'est payé pour ces travaux de réfection et d'entretien. « C'est de l'entraide pure », dit Tony, paludier depuis 1998. « Quand l'un ou l'une de nous a un souci de santé, on se passe le mot, et on vient faire le boulot de préparation des salines pour la saison. Il est arrivé qu'on se retrouve à 30 sur une saline. Les désaccords que l'on peut avoir les uns avec les autres ne comptent pas dans ces moments là. Il faut faire le boulot ensemble, point. Ce sont des moments très impressionnants. Cette solidarité me plait beaucoup ; elle impressionne souvent les personnes qui nous rendent visite. »

C'est sans doute cette organisation collective du travail, sur une base réciprocitaire, qui ancre le plus clairement les Marais salants dans le paradigme des Communs. Ces formes d'entraide font penser à ce qui s'appelle la Minga dans les communautés autochtones des Andes ou le Shramdanle « don du travail » – dans les campagnes en Inde.

La question de l'interface au marché

Un point crucial du fonctionnement des salines de Guérande fait écho à ce qui peut être considéré – de manière assez surprenante – comme une des lacunes dans les analyses d'Ostrom : la question des modalités d'interface entre les Communs et le marché. Ostrom consacre en effet des développements aux relations entre les Communs et les autorités publiques (dont elle redoute en général l'intervention comme susceptible de nuire à l'auto-organisation des communautés en imposant des solutions standardisées). Mais bien qu'elle ait reçu le Prix Nobel d'économie, Ostrom évoque assez peu dans ses travaux l'articulation entre les Communs et le marché, même lorsque les unités de ressource prélevées sont revendues par les utilisateurs (ce qui est pourtant souvent le cas pour les communautés de pêcheurs, agriculteurs ou éleveurs qu'elle observe dans ses études de cas).

Le marché, souvent étonnamment absent des modélisations utilisées par Elinor Ostrom. Ici le coeur de son modèle IAD.

Pour les Marais salants de Guérande, cette question de l'organisation économique est pourtant fondamentale et la manière dont les paludiers y ont répondu explique en partie le maintien et la renaissance de leur activité dans la région. Avant les années 70, les exploitants de Guérande ont en effet perdu la maîtrise de leur circuit de distribution commerciale, car leur coopérative a été rachetée par leur concurrent direct, les Salines du Sud-Est de la France, qui avaient industrialisé leur activité. Les Salines du Sud-Est se servirent du contrôle de la distribution pour faire baisser les prix, ce qui entraîna les exploitants de Guérande dans une spirale descendante qui faillit avoir raison de l'activité salicole.

Après la relance des salines à Guérande, une des questions stratégiques a consisté en la reconquête de ces circuits de distribution, qui s'est opérée en plusieurs temps, jusqu'à la mise en place en 1989 d'une coopérative agricole. Cette structure a permis aux exploitants de modifier le rapport de force en leur faveur dans la fixation des prix, mais aussi de développer une démarche de valorisation, misant sur la qualité exceptionnelle du sel de Guérande, consacrée par l'obtention dans les années 90 du Label Rouge et du label Nature et Progrès.

Le Label Rouge, qui distingue le sel de Guérande du sel de mer industriel.

La coopérative aide les paludiers qui en sont membres en leur assurant des revenus plus réguliers et elle contribue également à diminuer la quantité de travail qu'ils doivent fournir en les déchargeant de la distribution commerciale. C'est ce qui permet à certains paludiers témoignant dans l'article de Bastamag de dire qu'ils arrivent à « faire des semaines de 35 heures, voire un peu moins », ce qui est très rare dans le domaine agricole. Par ailleurs, cette formule permet aussi de dégager du temps pour les travaux collectifs d'entretien, ce qui favorise sans doute les comportements d'entraide décrits ci-dessus.

Néanmoins – et c'est un point que je trouve particulièrement intéressant -, le rôle de la coopérative agricole ne fait pas l'unanimité parmi les paludiers, à tel point que près d'un tiers des exploitants officiants à Guérande ont choisi de rester indépendants. Il s'agit en général des plus petits exploitants, défavorisés par les prix de rachats du sel pratiqué par la coopérative et qui préfèrent continuer à vendre leur production dans leur réseau, même si cela occasionne un surcroît de travail.

Mais au-delà de ces aspects, on sent dans l'article de Bastamag que le rôle de la coopérative en tant que structure économique fait plus profondément débat :

Si elle reste dirigée par un conseil d'administration de paludiers, la coop, en grossissant, échappe un peu à ses fondateurs. C'est en tout cas le sentiment de certains professionnels des marais, qui regrettent le côté très « technico-commercial » de la coopérative. Ils craignent que les membres du conseil d'administration se fassent happer par les sirènes du management, du commerce et du marketing. « Quand la direction aligne des chiffres, et manie des concepts économiques et commerciaux que l'on ne maîtrise pas, que dire ? » , soupirent les paludiers, soumis aux mêmes dilemmes que certains de leurs collègues paysans, qui ont vu leurs coopératives leur échapper peu à peu.

Cette tension à l'endroit de l'interface avec le marché fait fortement penser aux concepts d'« encastrement » et de « désencastrement » de l'économie développés par l'économiste et historien Karl Polanyi. Cet auteur, connu pour son ouvrage La Grande Transformation, explique en effet que les institutions sociales peuvent contribuer à « encastrer » le marché de manière à l'empêcher se constituer en un système auto-régulé. Mais cette dynamique est constamment réversible et le marché peut toujours se « désencastrer » pour soumettre au contraire le reste des institutions sociales à sa propre logique. Ce qui se passe pour la coopérative du sel à Guérande me paraît correspondre à ce schéma : cette institution a permis dans un premier temps de protéger les salines de la presqu'île des outrances du marché, de la même manière que les digues sur la côte protègent le territoire des assauts de la mer. Mais on voit que ce qui fait interface avec le marché est toujours susceptible de se faire « retourner » et la dialectique de l'encastrement/désencastrement n'est jamais définitivement acquise.

Elinor Ostrom n'a pas beaucoup développé ces aspects dans ses analyses, mais c'est tout l'intérêt aujourd'hui des approches qui croisent la question des Communs avec l'Economie Sociale et Solidaire (ESS) de mieux prendre en compte cet enjeu de l'interface avec le marché.

Les Marais salants comme « milieu commun »

Arrivé au terme de ce billet, quelque chose me taraude encore, car même si les concepts du cadre ostromien permettent de décrire en partie ce qui se passe dans les Marais salants de Guérande, il me semble qu'ils laissent aussi échapper quelque chose d'essentiel, que l'on ressent pourtant fortement en visitant les lieux. Comme dirait l'anthropologue Philippe Descola, les Marais salants se situent vraiment « par-delà Nature et Culture ». Il n'y a pas de sens à les présenter comme un milieu « naturel », mais il n'y en aurait pas plus à dire qu'ils constituent un milieu « artificiel ». Il s'agit davantage d'un écosystème enchâssé dans un système social et d'un système social enchâssé dans un écosystème, jusqu'à former un assemblage indissociable. L'article de Pierre Lemonnier décrivant le déclin des salines jusqu'aux années 70 insiste bien sur le fait que c'est la disparition progressive du mode de vie traditionnel des paludiers qui a peu à peu causé la dégradation du paysage, celle-ci aggravant en retour la disparition des pratiques sociales qui en constituaient le support, et ainsi de suite sous la forme d'une boucle de rétro-actions inextricablement liées.

Dans son ouvrage « Où atterrir ? », Bruno Latour distingue ce qu'il appelle les « systèmes de production », dans lesquels des ressources sont extraites d'un environnement à des fins économiques, des « systèmes d'engendrement » où humains et non-humains partagent un milieu commun à travers des relations de réciprocité : les humains produisent un milieu et ce milieu produit en retour un mode de vie particulier des humains. Il en résulte une relation d'inséparabilité entre humains et non-humains, chacun ayant un rôle d'agents et il est de ce point de vue malheureux de réduire les éléments non-humains à de simples « ressources ».

Les Marais salants de Guérande constituent pourtant sans conteste un système de production du sel (dégageant plus de 20 millions de chiffre d'affaire par an), mais ils sont en même temps plus que cela, car leur mode de fonctionnement en fait simultanément un système d'engendrement. Cet équilibre tient à la perpétuation du mode de collecte purement artisanal du sel, sans recours à la mécanisation, à l'absence d'emploi de produits chimiques et à l'entretien minutieux des infrastructures des salines, qui forment le milieu de vie d'une faune et d'une flore extrêmement riche. L'activité des hommes se fait ainsi en symbiose avec les cycles biophysiques du milieu et il est assez intéressant de voir que c'est ce que voulaient au contraire dissocier les projets d'aménagement des années 70 : d'un côté, des promoteurs immobiliers entendaient bétonner une partie des marais pour développer les activités balnéaires, mais de l'autre, des projets existaient aussi pour faire d'une partie de la zone une réserve naturelle, qui aurait exclu l'activité salicole des paludiers. On était là dans l'idéologie du Grand Partage entre Nature et Culture, qui aurait conduit à rompre l'agencement entre une activité humaine et son milieu, exactement comme on peut le voir dans certains pays qui chassent les populations autochtones pour constituer des parcs naturels.

***

Au final, sous le « Commun ostromien » que j'ai essayé de décrire dans ce billet, il existe donc dans les Marais salants un Commun plus fondamental et plus profond : ce que l'anthropologue Anna Tsing appelle un « Commun latent » ou ce que Patrick Bresnihan nomme un « Commun plus qu'humain », fait d'un enchevêtrement de relations entre humains et non-humains : paludiers avec leurs connaissances et leurs outils, leurs solidarités et leurs conflits, leurs traditions et leur art de vivre, eau de mer, vents, soleil, pluies, oiseaux, poissons, insectes, algues, herbes, vase et limon, argile, ardoise, etc. Appréhendé à travers ce prisme « relationnel », le Commun finit par ressembler au sel lui-même : une fine cristallisation résultant des interactions d'un réseau immense d'acteurs que l'on aurait bien tort d'enfermer sans autre forme de procès dans la « boîte noire » de la Ressource…

Voir en ligne : https://scinfolex.com/2019/08/13/a-...

Un article repris du site de Bruded, une publication sous licence CC by sa

En 2017, le projet de la commune d'Allaire « Pour une centralité renouvelée, conviviale et solidaire » est lauréat du volet travaux de l'appel à projet « Dynamisme des centres villes et bourgs ruraux », lancé par la Région Bretagne, l'Etat, l'Etablissement public foncier de Bretagne et la Banque des territoires. Alors que la dynamique de la commune s'est quelque peu essoufflée depuis 2014, les élus décident de lancer cette démarche ambitieuse visant à renforcer la dynamique de fréquentation du centre-bourg et à réaffirmer son attractivité et sa centralité, comme pôle relai de Redon Agglomération. Elle s'articule autour de 3 enjeux : renforcer l'offre commerciale alimentaire, l'offre médicale et l'habitat en centre-bourg, organisé autour de la cohésion sociale. Parmi les différentes opérations programmées se trouve la transformation d'une friche commerciale de 1560 m² située en plein cœur de bourg.

C'est cet ambitieux programme que Jean-François Mary, maire d'Allaire a présenté aux 21 participants de la visite organisée le 3 juillet 2019. Ce fut l'occasion d'expliquer en détail le long cheminement qui s'est appuyé sur des années d'études, de diagnostics, de programme et de réflexion, mais aussi sur une politique volontariste de développement qui a permis de consolider des réserves foncières et donc construire et concrétiser le projet.
Trois partenaires étaient présents pour témoigner de leur rôle et de leur appui à Allaire

L'État a rappelé, qu'au-delà du droit commun, l'appel à projet « Dynamisme des centres villes et bourgs ruraux » est avant tout un levier pour expérimenter, ce qui a conduit la commune à présenter une démarche ambitieuse.

Le CAUE 56 a apporté son expertise sur la densification de l'habitat au niveau de deux îlots. Il a ouvert la perspective de densifier que la commune n'avait pas entrevu.

L'EPF Bretagne a aussi été un acteur important. Après la signature d'une convention avec Allaire, il a procédé à la négociation et à l'acquisition de l'ancienne maison de santé et de l'ancienne station service : c'est le portage foncier, un outil précieux pour les communes qui leur apporte de la sérénité et leur permet de lisser les opérations dans le temps.

Après les présentations et le temps d'échange avec les participants, la visite s'est poursuivie par la visite du bourg. Celle-ci a débuté par la maison des solidarités, composante de la démarche, qui a ouvert ses portes en octobre 2018. On y trouve une épicerie solidaire, une boutique de vêtements collectés ouverte à tout le monde et un espace d'accompagnement. Le tout est organisé et porté par La fédé, avec le soutien de Allaire, Les Fougerêts, Saint-Gorgon et Saint-Jean-la-Poterie.

Les participants se sont ensuite rendus dans la friche commerciale, destinées à devenir une maison pluri-professionnelle de santé, une épicerie et une maison des services publics. Les travaux commenceront au mois de septembre 2019 pour une durée de 9 mois environ. Un important travail de collaboration a été conduit avec les professionnels de santé pour répondre à leurs attentes et faciliter leur installation. Prochainement, la commune va lancer un Appel à Manifestation d'Intérêt pour trouver le porteur de projet de l'épicerie.

La visite s'est enfin terminée par une déambulation jusqu'à la place de l'église, pour visualiser les différents îlots qui seront bientôt construits ou réhabiliter pour accueillir des logements.

Il ressort de cette visite un constat : les élus d'Allaire ont bien intégré la nécessité de fabriquer une multitude de solutions pour faire venir de nouveaux habitants.

En savoir plus

Le projet « Pour une centralité renouvelée, conviviale et solidaire »

Dans un monde en crise, il est urgent d'apprendre à réutiliser et réduire nos consommations. Mais qu'en est-il de nos projets et de nos idées ?

Pour faire en sorte que la coopération ouverte, celle qui met en partage sincère nos productions se développe, voici l'initiative d'un annuaire des contenus mis en partage en Bretagne.

En 2003 le magazine a-brest sur le multimédia au pays de Brest a ouvert la voie à toute une génération de sites dont les contenus peuvent être réutilisés par le choix d'une licence Cretaive Commons. Cette licence dans sa version "by" "sa" permet une réutilisation en citant la source et en attachant cette même licence à toute production dérivée [1]. C'est une licence par défaut recommandée par le magazine mais qui permet aussi à un auteur de choisir une autre licence à condition de la mentionner explicitement. Ce choix d'une licence par défaut permet d'accueillir un nombre plus important de contributions ou d'articles repris d'autres magazines.

Avec la participation active d'associations comme l'hébergeur associatif Infiniet des dizaines d'ateliers autour de l'écrit public et de wiki-brest, cette logique de contenus mis en partage s'est répandue dans l'espace public brestois :
elle a été adoptée par la famille des sites contributifs et le site officiel de la ville [2]
pour les projets de la ville liés au numérique (CD bureau libre, Wiki-brest ..) [3]
par quelques sites institutionnels de l'enseignement supérieur
des porteurs de projets collaboratifs
et de nombreux sites hébergés par Infini

En 2009, une page de wiki-brest nommée "contenus ouverts" recensait ainsi plus d'une cinquantaine d'espaces de contenus mis en partage.

A l'occasion de la 6éme édition de Brest en communs (du 5 au 13 octobre2019), voici la proposition de réaliser un annuaire des contenus mis en partage au pays de Brest (et en Bretagne pour élargir le point de vue).

Cette action permettra de faire le point sur la dynamique en revisitant les sites mentionnés et en ajoutant je l'espère de nombreuses initiatives.

Une première collecte propose déjà plus d'une centaine de références : http://www.wiki-brest.net/index.php/Contenus_ouverts_en_Bretagne_et_44
qu'il ne reste qu'à compléter (c'est un wiki)...

Il pourra être intéressant de regarder si certains ont renoncé à ce partage et pourquoi ?

Mais surtout c'est l'occasion d'interroger toutes celles et ceux qui s'inscrivent dans une logique de coopération mais qui ne permettent pas encore le partage et de discuter de la coopération ouverte[[voir aussi à ce sujet la conférence "La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées et conférence en ligne à QPES 2019" et l'article "La coopération ouverte, un concept en émergence" ]

Merci aux personnes intéressées par cet annuaire de me contacter : Michel point Briand at IMT-atlantique.fr ou simplement de compléter la page de wiki brest sur les contenus ouverts : http://www.wiki-brest.net/index.php/Contenus_ouverts_en_Bretagne_et_44

a bientôt à Brest en communs


[1] Voir l'article "Droits et reproductions du site"

[2] voir à ce sujet "Premier pas vers une gouvernance contributive"

[3] voir à ce sujet "Gouvernance contributive, réseaux coopératifs locaux et communs" dans vol. 17, n° 2 | 2015 : Enjeux éthiques des (biens) communs

Cette soirée/projection se déroule dans le cadre de la Fête des possibles 2019.
« Artistes de la vie » n'est pas qu'un film mais c'est aussi une campagne citoyenne visant à inspirer et encourager les passages à l'acte.
La campagne s'appuie sur deux outils : le ciné-action et Place à l'acte, une plateforme numérique participative qui recense 250 outils et services pour s'inspirer, trouver sa voie, lancer son projet entrepreneurial, faire équipe, aider des projets, agir près de chez soi et contribuer positivement au monde.

Ces séances sont organisées en lien avec les groupes locaux de transition citoyenne du pays de Brest.

D'autres dates sont déjà prévues dans le pays de Brest, d'autres encore pourraient suivre :


Vendredi 13 septembre
à 20H30 : Projection/débat du film “Artistes de la vie”

Lieu : Cinéma Le Bretagne à Saint -Renan.

Samedi 21 septembre à 17h : Projection/débat du film “Artistes de la vie”

Lieu : Cinéma associatif EVEN à Lesneven.

Un article repris du site Bruded, une publication sous licence CC by sa

Depuis quelques années, une attention nouvelle est portée sur les difficultés rencontrées par les centralités des villes et la nécessité de les revitaliser. La constitution d'un projet territorial est, plus que jamais, le résultat d'une multiplicité d'acteurs aux champs de compétences variés et complémentaires, pour répondre aux enjeux contemporains.

La revitalisation des cœurs de ville requière, de par sa complexité et sa transversalité, une ingénierie spécialisée. Une montée en compétences des acteurs territoriaux est nécessaire et demandée pour mieux prendre en charge cette problématique.

Pour répondre à cette attente, l'IAUR, avec la participation de BRUDED, a élaboré un programme complet de formation qui se propose d'apporter aux apprenants, une expertise transversale caractérisée par une approche pragmatique dans un souci d'efficience des politiques locales. Une attention particulière est portée à la diversité territoriale et au souci de la construction d'un véritable projet partagé.

Les formations qualifiantes de l'IAUR visent à répondre à un besoin spécifique de qualification sur une durée volontairement courte. La formation se compose de 2 modules complémentaires de 3 jours chacun soit un total de 6 jours de formation au cours desquels BRUDED intervient un première fois en salle, pour apporter un panel de retour d'expériences, puis sur le terrain, sur une commune adhérente ayant bien avancé dans sa démarche.
Public

Cette formation est destinée aux professionnels, élus ou acteurs de l'aménagement, de l'habitat, du paysage, du commerce, du tourisme, de la culture, du transport, de la communication, intéressés par la fabrique de la ville et l'évolution des centralités, dans une perspective de nouvelles compétences ou de compétences additionnelles.

Cette formation vise particulièrement à accompagner des territoires souhaitant disposer dans leurs services, de compétences nouvelles pour initier ou poursuivre une démarche ambitieuse au service de leurs centralités.

Prochaines dates

Module 1 : 25-26-27 septembre 2019

Module 2 : 9-10-11 octobre 2019

Les inscriptions sont ouvertes.

Renseignements :

Plus d'informations ici

Jean-Pascal Josselin

Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de Rennes

02 23 22 58 63 / 06 20 31 65 71

jp.josselin.iaur@gmail.com

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