- Rencontre - Où en est le projet de PNR, et quelle place pour les "amis du PNR" ?

- Rencontre - Où en est le projet de PNR, et quelle place pour les "amis du PNR" ?

• Qu'a fait l'association des "amis du PNR" dans sa première année d'existence ?

Thomas Schmutz: pour introduire l’échange, rappelons les actions menées, dans l'esprit du manifeste des amis du PNR: diffusion du manifeste, stand lors d'évènements locaux, festival de film, interpellation des élus, conférences de presse, etc. L’association est née suite aux ateliers participatifs mis en place par Cœur Emeraude durant l’hiver 2012-2013.
Voir en annexe le rapport moral d'Alain Valegeas, notre président, qui récapitule en détail ces actions.

• Quelles sont les conséquences du scrutin municipal pour le projet de PNR ?

Michel Penhouêt: la situation a changé dans les 3 villes qui ont un poids démographique important sur le territoire : St Malo, Dinard et Dinan. Toutes les 3 ont changé de maire. M. Renou à St Malo a eu des responsabilités dans Cœur Emeraude et connait bien le projet. Mme Craveia, à Dinard, soutient le projet. A Dinan, il faudra sûrement un temps d’appréhension du projet ; c’est un sujet à traiter parmi d’autres.
Beaucoup d'autres maires ont changé en mars. Il n’ y a pas parmi les nouveaux maire d’adversaire déclaré du projet. Quelques verrous sont même levés à l’ouest du territoire. Les maires ont eu depuis leur élection d’autres soucis que le PNR ; il va être nécessaire d’aller leur expliquer le projet, d’aller parfois les convaincre. Cœur est en partie composé d’élus ; les autres élus se reposent sur eux et leur font confiance.

• Quel type de gouvernance pour le PNR ? Ne va-t-on pas mettre une couche supplémentaire dans le millefeuille administratif ?

Michel Penhouêt: C’est une question récurrente chez les septiques ! Il faut en tenir compte.
La bonne gouvernance dans le PNR sera d’appliquer intelligemment les lois, de manière volontariste. La charte du PNR ne se substituera pas aux SCOT, PLH, SAGE… Il conviendra surtout de mettre du liant, de l’intelligence, d’appliquer la loi « en positif »..
On prévoit un afflux de nouveaux habitants sur le territoire (une augmentation de 50 % est parfois évoquée) ; il faut faire de ce territoire un bassin de vie et travailler en plein plutôt qu’en creux.
La gouvernance devra prendre en compte la question du désenvasement : il faut le faire le plus vite possible pour en être débarrassés ! Car sans désenvasement, il n’y aura pas de PNR. Quand ce sujet sera évacué, on pourra parler des choses sérieuses : de la qualité de vie, de l’environnement…
On a oublié que le barrage de la Rance produit une énergie propre. Permettre la navigation sur la Rance est un projet noble. Historiquement on a exploité la vase ; il faudrait remettre en place un circuit court sur ces amendements, c’est une ressource.

• Qu'apporte spécifiquement le PNR: une échelle d'approche, une prise en compte des patrimoines ?

Michel Penhouêt: Le PNR, c’est avant tout une manière d’être, une manière de vivre, une manière d’aborder les dossiers… davantage que des règles à imposer.
L’expérience des autres PNR montre qu’ils ont changé les manières de voir ; c’est « l’esprit PNR ». Vous avez un patrimoine en main ; ce que vous faites doit améliorer la qualité de vie dans ce territoire. Il aide à prendre de la hauteur. Le but est bien de rendre meilleur le quotidien des gens. Il faut que cela se fasse le mieux possible.
Les actions, financées par la Région, s’inscriront dans une volonté d’excellence environnementale.

• On nous répète que ça n’avance pas. Où en est-on ?

Michel Penhouêt: Le projet de PNR a 10 ans : ce n’est rien pour un élu !
Par exemple, l’usine de Bois Joli (Pleurtuit), qui fournit de l’eau potable, a été mise en service en 2012, mais je rappelle que l’arrêté d’utilité publique date de 1982, le barrage a été achevé en 1991: au total, il a fallu 30 ans ! Les étapes à franchir sont nombreuses.
Ceci dit, le PNR est en bonne voie. La Région donnera un avis intermédiaire sur le projet fin 2014. L’Etat devrait donner son avis fin 2015. Il y aura ensuite une enquête publique. L’avis ministériel et le classement sont prévus pour 2016.

• Quelle place pour les « citoyens de base » ?

Michel Penhouêt: C’est ici que les Amis du PNR ont leur place. Il y a une différence de temps entre les élus et les habitants ; il faut une gouvernance qui laisse une place à la participation des « simples citoyens ».

Les Amis pourraient être la conscience du PNR ; ils donneront des avis : « là vous avez réussi », « là vous vous êtes égarés »… Il faudra se parler souvent. Les Amis ont un rôle d’expertise d’usage.

Compte-rendu établi par Thomas Schmutz & Alain Valegeas
21/06/2014

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