Projet de "Parc Naturel Régional vallée de la Rance- côte d'Emeraude" : la dernière ligne droite?

Projet de "Parc Naturel Régional vallée de la Rance- côte d'Emeraude" : la dernière ligne droite?

A la demande des Amis du Parc Naturel Régional, Didier Lechien, Président de Coeur-Emeraude présentait le 1/02 à un public ouvert, essentiellement constitué d'acteurs associatifs, les acquis actuels et la nouvelle phase de préfiguraion à engager sur les 2 années à venir. Le moment où jamais pour les acteurs du territoire et leurs représentants de se mobiliser pour lui donner toutes ses chances.

Quelques mots d’histoire

A l’initiative d’élus locaux, le lancement du projet de parc naturel régional Rance–Côte d’émeraude remonte à 10 ans, durée moyenne pour ce genre de projet. Son suivi, sa gestion ont été confiés à une Association, « Cœur-Emeraude ». De 65 communes au départ, le territoire en compte aujourd’hui 75, pour 144 000 habitants sur 972 km², allant depuis Cancale au cap Fréhel, en passant par le sud de Dinan. Un périmètre susceptible d’évoluer encore à la marge. La construction du projet, traduite dans l’élaboration partenariale d’une charte, a mis en évidence les forces du territoire (patrimoine, paysages…), ses particularités ( 2 départements, une colonne vertébrale la Rance…), et ses faiblesses : quelques zones séparées, voire dégradées, de moindre intérêt pour la démarche parc, un fort taux d’artificialisation des sols en certains lieux ruraux et bords de mer, des confusions dans la difficile question de la gestion des sédiments de la Rance.

Où en sommes-nous à l’aune de 2018 ?

L’année 2017 a été consacrée à amender la charte pour dépasser ces freins, principalement sur la question foncière, l’urbanisme et l’environnement ; et prendre en compte les évolutions de contexte.

Sur le plan institutionnel : le projet a été validé par le conseil d’administration de cœur et par le conseil scientifique et social puis adressé à la région qui a récemment délibéré favorablement. Parallèlement, les conseils départementaux, les 3 communautés de communes, les communes à 85 % ont également délibéré favorablement sur le principe de leur adhésion. La décision finale appartient au premier ministre sur avis du conseil national de protection de la nature, qui sera rendu suite à un audit du projet programmé en février. Au terme de la conclusion de cette procédure, l’association cœur sera transformée en syndicat mixte. Les collectivités territoriales et locales devront alors se prononcer sur l’effectivité de leur adhésion. Pour ce qui concerne la question de la gestion des sédiments, une autre structure est en cours de création qui permettra de replacer cette question sous la responsabilité de l’État et de EDF. Entre-temps, les actions prévues dans le cadre de Lyvet 3 vont se poursuivre, sous réserve du règlement de quelques questions financières en suspens.

La participation des villes : Les contraintes d’urbanisme font que les villes, à partir de certains critères, sont peu intégrées dans les démarches parc. Dinan et Dinard ont d’emblée été partie prenante. Saint Malo préfère se situer en « ville porte », s’inscrire dans un partenariat, déjà en cours ; il y a des échanges, rien n’est figé, et une partie de St Malo pourrait se rattacher pour introduire une cohérence territoriale vers Cancale. Rennes pourrait à terme devenir « ville porte ».

Quels sont les apports concrets envisageables ?

Le parc naturel régional est une chance pour le territoire. Il l’aidera à retrouver un développement économique et touristique en cohérence avec la qualité environnementale. Mais de quelle manière ? Pour avoir une vue d’ensemble des domaines où le parc interviendra, il est possible de se reporter sur le site de Cœur où la charte est présentée. À titre d’exemple, on peut citer la limitation de la consommation foncière, la préservation de la qualité du bâti dont on encouragera les formes originales, la préservation de la biodiversité et de la qualité de l’eau, l’attention portée au patrimoine tant immatériel que matériel… mais aussi : • un apport de financements : essentiellement abondé par l’État, le budget sera complété par des apports des collectivités territoriales. Les apports des communes ont un caractère plutôt symbolique. • Une prise en compte de tous les acteurs économiques et sociaux, indépendamment de leur « importance numérique », comme par exemple les 40 entreprises de pêche à pied de la Rance • le bénéfice d’un label parc pour les produits émanant du territoire et répondant à certains critères à déterminer, comme par exemple les produits agricoles répondant aux règles de la production locale et de sa transformation L’un de ses atouts est la transversalité. Ainsi, face à la peur récurrente que le parc constitue une « machine à gaz administrative » supplémentaire, il peut être au contraire opposé qu’il apporte de la cohérence là où pouvait régner enchevêtrement, voire contradiction ; par exemple en matière de contraintes d’urbanisme et d’aménagement du territoire, la charte du PNR se situe en haut de la pyramide, le Scott et le PLUI ayant obligation d’être en conformité.

Quelles attentes nouvelles envers le secteur associatif, en particulier envers les Amis du PNR ?

La prochaine phase sera celle de la préfiguration des actions de lancement. Des fiches actions vont devoir être élaborées et peuvent être proposées par les acteurs associatifs. Les amis ont un rôle à jouer d’ambassadeur, auprès des élus et des habitants, mais aussi un rôle d’aiguillon dans la mobilisation de la population. L’enquête publique peut également mobiliser de manière constructive. Le PNR a besoin de ces relais pour démarrer dans de bonnes conditions. En conclusion : L’association des amis du PNR invite chaque personne, participant à la réunion à titre personnel ou associatif, à répondre présente à sa prochaine invitation pour poursuivre la réflexion et faire part de propositions d’action.

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